Anti-âge : au bout des chromosomes, la clé de la lutte contre les pathologies liées à l'âge

Anti-âge : au bout des chromosomes, la clé de la lutte contre les pathologies liées à l'âge
Anti-âge : au bout des chromosomes, la clé de la lutte contre les pathologies liées à l'âge - © from2015 / Istock.com

Les extrémités des chromosomes, appelées télomères du grec telos (fin) et meros (partie), raccourcissent au fil des années, ce qui provoque un risque accru de maladies liées à l'âge, mais aussi à l'inflammation et au stress. Pour la première fois, des chercheurs américains ont établi un lien entre la longueur de ces télomères et le risque de certaines maladies cardiaques et leur aggravation.

Le raccourcissement de télomères, petits bouchons protecteurs des chromosomes, chez des souris génétiquement modifiées a été associé au rétrécissement aortique calcifié (RAC), une dégénérescence de la valve cardiaque fréquente au cours du vieillissement, caractérisée par une accumulation de dépôts de calcium, indique une étude menée par des chercheurs du Glastones Institute à San Francisco aux États-Unis.

D'après les observations, les souris, génétiquement modifiées avec cette pathologie cardiaque propre à l'homme, qui avaient les télomères les plus courts présentaient les dommages les plus sévères au niveau du coeur, avec pour certaines d'entre elles des signes avant-coureurs de la maladie à la naissance.

Selon l'étude, la longueur du télomère conditionnerait la gravité de la maladie en changeant l'expression du gène NOTCH1, impliqué dans le rétrécissement aortique calcifié. 

De précédentes études ont montré l'implication de télomères courts sur la mortalité précoce, les cancers, les maladies pulmonaires, les maladies chroniques comme le diabète ou des maladies génétiques rares.


Grâce à de récentes découvertes, menées par la biologiste américaine Elizabeth Blackburn, prix Nobel de médecine (2009), on sait qu'il est possible de rajeunir de l'intérieur en agissant sur les chromosomes et notamment sur les télomères.

Dans un livre à paraître le 7 avril, "l'effet télomère", la scientifique explique comment nous pouvons devenir acteur de notre longévité en veillant à la gestion du stress, nos choix alimentaires, un exercice physique régulier, la qualité du sommeil, l'expression de notre caractère. L'objectif est de lutter contre le vieillissement cellulaire qui n'est pas une fatalité et, au contraire, de favoriser le renouvellement constant de nos cellules, rendu possible par la télomérase, une enzyme qui reconstitue les télomères.

Ces travaux, publiés dans The Journal of clinical investigation, devraient déboucher, selon les chercheurs sur le test de nouveaux médicaments adaptés pour traiter ce type spécifique de maladie (rétrécissement aortique calcifié (RAC) qui, jusqu'à présent, ne peut être prise en charge que par une opération, mais aussi plus largement pour des pathologies liées au vieillissement.

Pour consulter l'étude