Alimentation: le Nutri-Score commence lentement à se faire une place dans les rayons

Alimentation: le Nutri-Score commence lentement à se faire une place dans les rayons.
Alimentation: le Nutri-Score commence lentement à se faire une place dans les rayons. - © andresr - Getty Images

Des acteurs de l'alimentation, de la restauration collective et de la distribution ont multiplié les initiatives en faveur de l'étiquetage nutritionnel simplifié Nutri-Score alors que l'UFC-Que Choisir (France) reproche à l'industrie agroalimentaire de ne pas s'être suffisamment emparée de ce système, qui donne au consommateur le choix de mieux manger.

Sur 5% des produits seulement

"Deux ans après son introduction officielle en France, le Nutri-Score n'est présent que sur 5% des produits" vendus en grande distribution, estime l'association de consommateurs, qui demande qu'il soit rendu obligatoire au niveau européen.

Déjà en place en France depuis l'automne 2017 mais de façon facultative en raison de la réglementation européenne actuelle, ainsi qu'en Belgique et en Espagne, ce système d'étiquetage attribue cinq lettres (A, B, C, D et E) et un code couleurs, du vert au rouge, en fonction de la qualité nutritionnelle de l'aliment.

Trop de graisses et de sucres

"Si le Nutri-Score était affiché, les parents écarteraient beaucoup des aliments industriels destinés aux enfants", assure l'UFC, qui estime que "82% des consommateurs n'arrivent pas à lire le complexe tableau d'analyse nutritionnelle obligatoire" alors que le Nutri-Score, lui, permet "de faire comprendre en un clin d'œil leur mauvaise qualité nutritionnelle".

"Trop d'industriels continuent à saturer leurs produits de sucres et de matières grasses" notamment les céréales pour les petits déjeuners des enfants, selon l'UFC.

L'association indique que "les céréales Chocapic et Lion de Nestlé et Coco Pops de Kellog's sont notées C" tandis que les "biscuits pour petit déjeuner Prince de LU-Mondelez, les céréales Frosties et Trésor de Kellog's écopent d'un D".

L'association appelle l'opinion publique à se mobiliser en signant une pétition d'initiative citoyenne européenne (www.pronutriscore.org) lancée en mai par plusieurs associations de consommateurs européens. Elle a rassemblé jusqu'ici environ 80.000 signatures.

L'engagement du géant Nestlé

Le géant agroalimentaire Nestlé, qui avait annoncé en juin l'adoption du Nutri-Score pour tous ses produits vendus en Europe sur une période de deux ans, a précisé que le déploiement commencerait au premier semestre 2020 dans cinq pays: l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la France et la Suisse.

En complément, Cereal Partners Worldwide, l'entreprise internationale conjointe entre Nestlé et General Mills, mettra l'étiquetage Nutri-Score sur les emballages de ses céréales du petit déjeuner dans ces mêmes pays.

"Les deux sociétés sont prêtes à le mettre en œuvre dans les autres pays qui en feront la demande ou le notifieront à la Commission européenne", indique Nestlé. D'ici deux ans, "ce sont plus de 5.000 produits dans les cinq pays qui afficheront le Nutri-Score".

Quid de la grande distribution?

Par ailleurs, le premier groupe de distribution français E.Leclerc a annoncé son adhésion au Nutri-Score. À partir du 28 novembre, ce barème sera affiché sur le site E.Leclerc Drive "pour l'intégralité des produits alimentaires des marques distributeur et sur tous les produits alimentaires des marques nationales ayant communiqué les informations nutritionnelles nécessaires", ce qui représente "60% des produits alimentaires proposés sur le site", indique E.Leclerc.

"Le Nutri-Score devient ainsi un critère de sélection pour les consommateurs, qui y auront accès en un coup d'œil sur le site et pourront l'appliquer directement comme un filtre", souligne le distributeur.

Testé dans la restauration collective

Elior commencera lui dès 2020 à afficher la qualité nutritionnelle des repas servis dans les restaurants d'entreprise de ses clients via le Nutri-Score, une première dans la restauration collective, a annoncé son directeur général, Philippe Guillemot.

Une expérimentation dans deux premiers restaurants d'entreprise parisiens (dont le nom n'est pas encore divulgué) servant plus de 200 couverts, commencera en janvier 2020 pour plusieurs mois, avant d'être étendue progressivement dans d'autres sites exploités par Elior en France, a précisé un porte-parole.

Le Nutri-Score sera affiché devant chaque entrée, plat et dessert, puis des enquêtes seront réalisées auprès des consommateurs, pour observer leurs choix.

Le groupe dit vouloir évaluer à terme l'ensemble de ses recettes, pour offrir "la possibilité à chacun de choisir son repas en fonction de la qualité nutritionnelle des aliments et du mode de préparation".