Une scientifique récompensée pour ses recherches sur l'instinct parental : mais que signifie ce terme ?

Une scientifique récompensée pour ses recherches sur l'instinct parental : mais que signifie ce terme ?
Une scientifique récompensée pour ses recherches sur l'instinct parental : mais que signifie ce terme ? - © Maskot - Getty Images/Maskot

3 millions d'euros. C'est la somme reçue par la chercheuse française en neurobiologie Catherine Dulac pour ses travaux sur l'instinct parental. La scientifique a identifié les neurones directement impliqués dans ce processus chez la souris. Une découverte qui, selon la chercheuse, pourrait potentiellement s'appliquer aux humains. Mais qu'entend-on exactement par "instinct parental" ?

On connaît les idées d'instinct maternel et d'instinct paternel, selon lesquelles les parents présenteraient des facultés naturelles pour s'occuper de leur nouveau-né. Mais une question divise la communauté scientifique : ces concepts sont-ils fondés sur des preuves biologiques ou découlent-ils de pures représentations culturelles ?

Sans doute une affaire de neurones

Les travaux de Catherine Dulac, récompensés par le prestigieux prix américain Breakthrough Prize le 10 septembre dernier, apportent de nouveaux éléments de réponse. La neurobiologiste a constaté qu'une souris femelle va spontanément s'occuper de souriceaux (les laver, les nourrir...), y compris lorsqu'il ne s'agit pas des siens. 

Mais cette chercheuse de l'université de Harvard a également noté des différences selon les sexes au cours de ses recherches. Chez les mâles, le comportement avec les souriceaux se situait en effet à l'opposé : ils seraient davantage enclins à adopter une réaction d'attaque. 

Quelles sont les cellules du cerveau impliquées dans cette réaction et comment expliquer ces différences entre les mâles et les femelles ? Selon la scientifique, les neurones liés à l'instinct parental se situeraient dans l'hypothalamus, zone du cerveau qui possède de multiples fonctions telles que la régulation de l'appétit, du sommeil ou encore du stress.  

Un comportement parental non lié au genre

L'une des découvertes majeures de Catherine Dulac est que ces neurones sont présents à la fois chez les mâles et les femelles et que les activer ou les mettre sous silence aurait l'effet de supprimer ou, à l'inverse, de programmer cet instinct parental. Un peu comme si l'on appuyait sur un interrupteur.

Les femelles peuvent par exemple adopter un comportement infanticide si ces neurones en question sont désactivés, par exemple en cas de grand stress ou si leurs petits présentent peu de chance de survie. Tout comme les mâles peuvent être amenés à s'occuper de leurs souriceaux lorsque ces mêmes neurones sont activés.

C'est pourquoi il serait plus correct de parler d'instinct "parental" plutôt que d'instinct "paternel" ou "maternel". 

Si ces découvertes se limitent exclusivement à la souris, la lauréate du Breakthrough Prize émet toutefois l'hypothèse que ce processus pourrait se reproduire chez de nombreux mammifères... y compris l'humain. Mais ce n'est pour l'heure qu'une théorie.