Ne pas confondre immaturité et troubles de l'hyperactivité chez l'enfant scolarisé

Le TDAH se définit par les trois critères : l'incapacité à maintenir et contrôler son attention, à réguler sa motricité (hyperactivité) et à attendre (impulsivité).
Le TDAH se définit par les trois critères : l'incapacité à maintenir et contrôler son attention, à réguler sa motricité (hyperactivité) et à attendre (impulsivité). - © lisegagne - Getty Images

Une étude, publiée ce mardi dans The Lancet Psychiatry, alerte sur les risques de surdiagnostiquer les cas de trouble du déficit de l'attention et de l'hyperactivité (TDAH) chez des enfants "en âge scolaire" plus jeunes de quelques mois par rapport aux autres enfants de la même classe.

Des enfants d'école primaire plus jeunes que leurs aînés de quelques mois à 1 an et qui suivent la même année scolaire ont plus de probabilités d'être diagnostiqués avec un TDAH (trouble du déficit de l'attention et de l'hyperactivité), concluent des chercheurs de l'University de Nottingham et de l'université de Turku en Finlande.

 

Ces résultats ont été observés parmi un panel d'enfants finlandais nés entre 1991 et 2004, diagnostiqués avec un TDAH à partir de l'âge de sept ans. En Finlande, les enfants commencent l'école à la mi-août. Ainsi l'aîné de la classe né en janvier peut atteindre 7 ans et 7 mois, tandis que le plus jeune né en décembre a 6 ans et 7 mois au moment de la rentrée scolaire.

Environ 5% des enfants "en âge scolaire" sont concernées par le TDAH dans le monde. Ils sont diagnostiqués en moyenne vers l'âge de 6/7 ans, à l'entrée en 1ère primaire, où les contraintes scolaires vont leur demander de se concentrer et de se tenir plus calme. D'après les résultats de l'étude, les garçons les plus jeunes avaient 26% de chances supplémentaires d'être diagnostiqués avec un TDAH, la probabilité s'élevant à 31% chez les filles.

 

L'étude montre que pour les enfants de moins de 10 ans, ce lien est devenu plus significatif au fil des années : entre 2004 et 2011, les enfants nés de mai à août avaient 37% plus de chances d'être diagnostiqués et ceux nés de septembre à décembre 64%, comparativement aux enfants plus âgés nés entre janvier et avril.

Les auteurs de l'étude suggèrent donc aux parents, professeurs et psychologues qui entourent et évaluent l'enfant de considérer son âge avant de conclure à des troubles du comportement. "Avec une variation d'âge qui peut aller jusqu'à 12 mois dans la même classe, les professeurs et les parents peuvent avoir un jugement erroné de l'immaturité de l'enfant", explique Kapil Sayal, psychiatre à l'Institute of Mental Health à Nottingham en Grande-Bretagne.

 

Le TDAH, dont l'évaluation demande une procédure clinique rigoureuse qui utilise des questionnaires permettant de décrire le comportement de l'enfant à l'école et à la maison, des tests d'attention, des examens psychologiques et orthophoniques, se définit par les trois critères. Le plus gênant est l'incapacité pour l'enfant à maintenir et contrôler son attention, puis à réguler sa motricité (hyperactivité). Ces enfants ne peuvent pas s'empêcher de bouger et, enfin, ont une incapacité à attendre (impulsivité).

Les TDAH purs représentent 25% des cas. Mais dans 20% d'entre eux, ils coexistent avec de l'anxiété et de la dépression qui apparaissent vers l'âge de 10 ans ou à l'adolescence, et dans 10% des cas avec des crises d'épilepsie sous forme d'absences.

Pour consulter l'étude : http://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(17)30394-2/fulltext