Une étude analyse les conséquences d'un mois de confinement sur le bien-être

Cette nouvelle étude menée par des équipes des universités australiennes d'Adelaïde, de Tongji et de Sydney, a suivi 369 adultes dans 64 villes de Chine après un mois de confinement du fait de la pandémie de Covid-19, qui paralyse actuellement une majorité de la population de la planète.

Les vertus du travail, même à distance

Après un mois de mesures de confinement, 34% des participants n'avaient pas quitté leur domicile, 14% l'avait quitté seulement une fois et 22% avait quitté leur foyer plus de cinq fois. Plus d'un quart des participants (27%) avaient quitté leur domicile pour travailler pendant le confinement alors que 38% travaillaient de la maison et que 25% avait dû arrêter toute activité professionnelle.

Leurs résultats ont montré que les personnes qui avaient dû arrêter de travailler rapportaient une santé mentale et physique moins bonne, plus de désarroi et un niveau moindre de satisfaction envers la vie que les personnes qui avaient continué à se rendre à leur travail. Les personnes en télétravail affichaient aussi une meilleure santé mentale que les personnes au chômage. 

"Le travail peut donner un but et permettre une routine, ce qui est particulièrement important au cours d'une période de pandémie mondiale", explique le coauteur.

De plus, les personnes qui souffraient de troubles médicaux chroniques et qui vivaient dans des zones plus touchées par le virus rapportaient aussi une moins bonne santé mentale et physique et se disaient moins satisfaites. En revanche, les chercheurs ne sont pas arrivés aux mêmes résultats chez les personnes ne souffrant pas de troubles médicaux chroniques.

Le paradoxe "exercice physique"

Les chercheurs s'attendaient à ce que les personnes qui faisaient plus d'exercice physique pendant la période du confinement soient plus susceptibles d'adopter des modes de vie plus sains et moins enclines à faire face à des problèmes de bien-être.

Contre toute attente, ils ont découvert que les participants qui faisaient plus de 2,5 heures d'exercice quotidien et vivaient dans des zones plus affectées par le virus rapportaient un moins bon niveau de satisfaction individuelle. En revanche, les personnes qui faisaient de l'exercice pendant moins d'une demi-heure par jour rapportaient un meilleur niveau de satisfaction envers la vie.

"Il est possible que les adultes qui font moins de sport pourraient mieux justifier ou rationaliser leurs modes de vie inactifs dans les villes les plus affectées", explique le Dr Zhang. "De plus amples recherches seraient nécessaires mais ces résultats précoces suggèrent que nous avons besoin de faire attention aux individus plus actifs physiquement, qui peuvent se retrouver plus frustrés par les restrictions", ajoute-t-il.