"Une escalade dans la violence": Harcelées sur le net par "la Ligue du LOL", elles témoignent

 

"Je n'imaginais pas l'ampleur du phénomène", explique Florence Porcel. La youtubeuse a été abasourdie par la quantité de personnes qui ont vécu, comme elle, sous la menace de "la Ligue du LOL". Depuis sa création en 2009, le groupe Facebook a été à l'origine de campagnes de cyber-harcèlement ciblant majoritairement les femmes. Il a notamment pu être épinglé grâce aux témoignages des internautes qui ont fait part de leurs expériences sur le réseau social Twitter.

Comme toutes les victimes, le quotidien de Léa Lejeune et Florence Porcel a été bousculé par les agressions groupées perpétrées par cette communauté, dont faisaient partie quelques journalistes célèbres de grands médias parisiens. "C'étaient des gens qui avaient plus de 5.000 followers sur les réseaux sociaux et donc, qui avaient un pouvoir de nuisance par tous les gens qu'ils rameutaient avec eux", précise la journaliste Léa Lejeune.

 

Des attaques répétées

"C'étaient des injures, des insultes, des messages assez malveillants", se rappelle Florence Porcel. Mais il ne s'agissait que du début des agressions puisque l'internaute s'est ensuite retrouvée sur un photomontage dans lequel sa tête figurait sur une image pornographique. Ensuite, elle a été victime de canulars par téléphone: un membre de "la Ligue du LOL" s'est fait passer pour un recruteur et a publié la conversation téléphonique sur le web, la rendant accessible à tous. "J'en ai pleuré pendant 3 jours, j'avais peur de sortir de chez moi", témoigne Florence. "Je n'oublie pas tout ça ", martèle-t-elle pour rappeler à quel point ces agressions la marqueront à vie.

Quant à Léa Lejeune, elle a été victime de nombreux "raids" durant lesquels des agresseurs l'ont prise pour cible lors d'échanges sur Internet. Désirant aborder le sujet du féminisme, pour lequel elle se bat, elle a subi un véritable lynchage de la communauté. La journaliste voudrait voir cesser ce "système où il y a une impunité et dans lequel les réseaux sociaux restent la cour de récré".
La législation sur le harcèlement a été renforcée en France en août 2018 avec l'introduction des sanctions contre les "raids numériques".