"Un quart des jeunes filles ne savent pas qu'elles ont un clitoris": elles souhaitent libérer la sexualité des femmes

Créatrices de comptes Instagram dédiés à la sexualité, elles voudraient que le clitoris soit davantage présent dans les manuels scolaires.

"Le clitoris, c’est le seul organe qui est lié entièrement au plaisir", souligne Elvire Duvelle-Charles, cocréatrice de "Clit Revolution". Comme de nombreuses femmes, elle aimerait que le clitoris retrouve l’estime qui lui est due.

Julia Pietri, créatrice du "Gang du Clito", rappelle que pendant la Renaissance, le clitoris était considéré comme"utile pour la fécondité" et que la masturbation féminine était évoquée sans qu’il y ait de honte ni de confusion. Très célèbre à cette période, "La Vénus d’Urbin" de Titien représente une femme allongée de façon lascive et qui semble se "caresser" avec flegme. La peinture illustre bien la pensée de l’époque selon laquelle la jouissance féminine était légitime puisqu’elle était intimement liée à la reproduction. Mais lorsqu’il a été scientifiquement démontré qu’aucune corrélation n’existait entre la reproduction et la satisfaction sexuelle, le clitoris a connu "une descente aux enfers". "Vu qu’il ne sert qu’au plaisir de la femme, on en parle beaucoup moins", déplore Julia Pietri.
 
"On a malmené le clitoris des femmes pendant des siècles", soutient Sarah Constantin, cocréatrice de "Clit Revolution". La militante pointe les théories selon lesquelles les femmes qui se masturbent sont "hystériques" ou susceptibles de contracter des maladies sérieuses. Elle relève également qu’aucune illustration exacte et non superficielle du clitoris n’a été présentée par le monde scientifique avant les travaux du docteur Helen O’Connell, en 1998.

 

Enseigner la sexualité

Aujourd’hui, seul 1 livre scolaire sur 8 représenterait totalement le clitoris. C’est pourquoi une pétition adressée au ministre de l’Éducation nationale demande que tous les manuels de SVT exposent une image fidèle de cet organe. Plusieurs comptes Instagram dont le "Gang du Clito", "Jouissance club" ou "Tasjoui?" exhortent les partisans de cette cause à signer cette requête afin de faire pression sur le gouvernement.
"On a beaucoup plus d’informations sur Instagram sur notre propre sexualité que dans nos livres de bio", soutient Julia Pietri. Pour pallier ce manquement de l’Éducation nationale, ces comptes Instagram éclairent eux-mêmes les étudiants. Ils évoquent l’anatomie, la jouissance et répondent aux questions qui taraudent les internautes.
"Nous devons lutter contre l’analphabétisme sexuel", est-il écrit sur la page Internet de la pétition.