Un an plus tard, où en est le mouvement "MeToo"?

Le scandale de l’affaire Weinstein, accusé d’agressions sexuelles par plusieurs dizaines de femmes, a permis à des millions de victimes abusées sexuellement de prendre la parole pour dénoncer ce fléau. Une parole qu’elles préféraient taire jusque-là.

 

#MeToo ou #BalanceTonPorc, en français. Deux hashtags massivement relayés sur les réseaux sociaux lorsque l’affaire Weinstein est révélée au grand public par le New York Times et le New Yorker. Nous sommes le 5 octobre 2017 et les femmes ayant témoigné ne se doutent certainement pas que leurs révélations vont déclencher un mouvement féministe d’une ampleur mondiale.

Un mouvement international initié par l’actrice Alyssa Milano qui, le 15 octobre 2017, encourage toutes celles et ceux qui sont ou ont été, un jour, victimes de harcèlement sexuel, à envoyer leurs témoignages accompagnés du hashtag "#MeToo" ("Moi aussi"). Des millions de personnes vont donc s'exprimer à travers le monde, principalement via les réseaux sociaux, et vont très vite être suivies par quelques 80 victimes de Weinstein (majoritairement actrices), qui vont annoncer publiquement avoir été abusées par le producteur.

 

Où en est-on un an plus tard?

Un an plus tard, la lutte de millions de femmes continue et de nombreuses victimes se tournent vers des associations spécialisées. La sollicitation de certaines d’entre elles a bondi de 30 à 40%. L’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) a quant à elle été contrainte de fermer son accueil téléphonique de janvier à juin, en raison du trop grand nombre d’appels.


De son côté, Harvey Weinstein doit toujours répondre de plusieurs accusations devant le tribunal de New York. Il est notamment accusé “d’agression sexuelle prédatrice“, l'un des crimes les plus graves dans le Code pénal new-yorkais. S’il est condamné, l’homme de 66 ans risque la prison à vie. Ses sociétés sont tombées en faillite depuis plusieurs mois et la Weinstein Company (depuis rebaptisée) et ses 277 films ont été rachetés par un fonds d’investissement. En France, le producteur s’est par ailleurs vu retirer sa Légion d’honneur.