Songer à apprécier les bons moments au lieu de les immortaliser

Songer à apprécier les bons moments au lieu de les immortaliser
Songer à apprécier les bons moments au lieu de les immortaliser - © Halfpoint - Getty Images/iStockphoto

Menée par la chercheuse Gia Nardini, une équipe de l'Université de Denver, de l'Université de Washington (St Louis) et de l'Université de Floride, a entrepris des recherches pour déterminer si le fait de photographier les instants mémorables ne conduisait pas en réalité à moins en profiter.

Un obstacle au plaisir de l'instant

Les auteurs de l'étude ont conduit cinq tests sur un total de 718 participants. Certains ont été sondés pour savoir si le fait de photographier un moment très appréciable augmentait, faisait décroître ou n'avait aucun effet sur la manière dont ils profitaient des bons moments. Les résultats prouvent que réaliser un cliché constitue une distraction qui dénature l'appréciation du moment.

Les participants qui ont regardé une vidéo agréable sans prendre de photos ont bien plus apprécié l'expérience que ceux qui ont pris des photos.

"Quand on prend des photos, on a tendance à moins prendre de plaisir. Prendre des photos représente une gêne. On se concentre tellement sur la réalisation du cliché que l'on rate l'expérience elle-même", explique l'un des auteurs de l'étude.

Un effet amplifié par les réseaux sociaux

La publication sur les réseaux sociaux semble affecter encore davantage la capacité à profiter des bons moments.

L'équipe de chercheurs a remarqué qu'en regardant une vidéo très agréable, 83,7% des participants ont apprécié la vidéo lorsqu'ils s'étaient contentés de la visionner, contre 76,2% chez ceux qui ont pris des photos personnelles et 73,5% chez ceux qui ont pris des photos à publier.

"Il est encore plus difficile d'apprécier l'instant présent lorsque l'on doit penser au fait de devoir publier ses photos sur les réseaux."

En revanche, prendre des photos n'aurait pas de conséquence sur le fait de prendre part à des expériences modérément appréciables.

Les chercheurs ont observé le même effet sur les personnes qui écrivaient des textos.

"Nous pourrions conseiller aux personnes d'y réfléchir à deux fois avant de décider si elles souhaitent réellement réaliser ces clichés", conclut l'étude.