Santé mentale : les adolescents touchés de plein fouet par la pandémie de coronavirus

Le bonheur des Belges est mis à rude épreuve pendant la 2e vague... Cours à distance, interactions sociales en berne, absence d'activités physiques et culturelles : la Covid-19 a durement impacté la santé mentale des adolescents, comme le révèle un nouveau sondage mené aux États-Unis.

Les ados vont moins bien qu'il y a un an !

Quelle plus belle époque que celle de l'adolescence, entre expérimentations en tout genre, nouvelles rencontres, et sentiment d'indépendance ? Enfin ça, c'était avant… Avant qu'une pandémie mondiale ne vienne bousculer les habitudes d'une génération qui ne peut s'épanouir sans interactions sociales.


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Un nouveau sondage national réalisé par le centre médical de l'Université du Michigan révèle que les adolescents sont tout particulièrement affectés sur le plan mental par la pandémie, et davantage encore par les mesures de restriction prises pour tenter de l'enrayer. Le sondage se base sur les réponses de 977 parents d'adolescents âgés de 13 à 18 ans.

46% des parents interrogés affirment que leur adolescent souffre d'un nouveau trouble de santé mentale ou d'un trouble en aggravation depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Les adolescentes semblent plus touchées que leurs homologues masculins, notamment en ce qui concerne les troubles de l'anxiété et les symptômes dépressifs.

L'absence d'interactions sociales chez ces adolescents depuis près d'un an est à prendre en compte dans la dégradation de leur santé mentale. Confinement et autres mesures sanitaires obligent, trois parents sur quatre déclarent que la Covid-19 a eu un impact négatif sur les interactions sociales de leurs adolescents, pourtant primordiales à cette étape de la vie.

Les restrictions ont amplifié les troubles anxieux et dépressifs

Le rapport révèle que plus d'un tiers des adolescentes (36%) souffrent d'un nouveau trouble ou d'une aggravation de l'anxiété, contre 19% des adolescents.

Mais ce n'est pas tout, les parents interrogés font également état d'une hausse des symptômes dépressifs (31% des adolescentes, contre 18% des adolescents), des troubles du sommeil (24% et 21% respectivement) et même d'un comportement plus agressif (9% et 8% respectivement).


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"Les pairs et les interactions sociales sont un élément essentiel du développement pendant l'adolescence. Mais ces opportunités ont été limitées pendant la pandémie. Beaucoup d'adolescents peuvent se sentir frustrés, anxieux et déconnectés en raison de l'éloignement social et du manque d'activités sociales habituelles comme le sport, les activités parascolaires et le fait de passer du temps avec des amis", explique Gary L. Freed, co-directeur du sondage.

Parents : rester ouverts au dialogue

Face à la dégradation de la santé mentale de leur(s) adolescent(s), les parents n'ont pas lésiné sur les moyens pour tenter d'inverser la tendance. La moitié d'entre eux ont notamment assoupli les mesures d'éloignement liées à la pandémie pour permettre à leur progéniture de retrouver un minimum de vie sociale. Une chose qui semble avoir particulièrement fonctionné puisque 81% des sondés confient que cela a aidé leur ado sur le plan psychologique.


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Il a également été question d'assouplir certaines restrictions vis-à-vis des réseaux sociaux pour permettre à leur ado d'y passer plus de temps que d'ordinaire, mais aussi de faire appel à des spécialistes de la santé mentale, voire de se tourner vers les nouvelles technologies et plus particulièrement vers des programmes et applications destinés à améliorer la santé mentale des adolescents.

"Les parents jouent un rôle essentiel en aidant leurs adolescents à faire face au stress de la pandémie. Il existe des stratégies que les parents peuvent adopter pour aider, que leur adolescent montre ou non des signes révélateurs d'un potentiel trouble. L'une des choses les plus importantes que les parents doivent faire est de garder les voies de communication ouvertes, demander à leur adolescent comment il va et créer un espace pour qu'ils parlent sans tabou afin de pouvoir fournir de l'aide en cas de besoin", conseille Freed.