Résumer les addictions à des "maladies" n'aide pas les personnes concernées

Résumer les addictions à des "maladies" n'aide pas les personnes concernées
Résumer les addictions à des "maladies" n'aide pas les personnes concernées - © Stas_V - Getty Images/iStockphoto

Expliquer aux personnes dépendantes aux drogues ou à l'alcool qu'il existe des traitements et des moyens efficaces pour gérer leurs addictions s'avère plus productif que le simple fait de leur dire qu'elles sont malades, démontre une nouvelle étude américaine.

 

Comment convaincre une personne qui présente une addiction à certaines substances comme les drogues, le tabac ou l'alcool, de "raccrocher"? C'est la question à laquelle ont tenté deux chercheuses de l'université de Floride et de l'université de Richmont, qui ont publié une étude dans le Journal of Social and Clinical Psychology afin d'analyser la manière dont les personnes concernées réagissent lorsqu'elles sont confrontées à la description du phénomène de l'addiction.

L'étude a recruté 214 hommes et femmes rencontrant des problèmes de dépendance. Les participants ont été divisés en deux groupes: 124 d'entre eux ont lu un article portant sur les risques et les facteurs qui peuvent contribuer à l'abus de substances et sur les multiples façons de traiter les dépendances. Les 90 autres participants ont lu un article qui se cantonnait à la description des changements qui se produisent dans le cerveau en cas de dépendance et qui comparait ce phénomène à une maladie

 

Les volontaires ont ensuite tous répondu à un sondage destiné à déterminer dans quelle mesure ils se sentaient capables de changer leur consommation d'alcool (ou autres drogues) et s'ils étaient prêts à envisager des traitements pour soigner leur dépendance.

Les participants qui ont lu le premier article ont exprimé une plus grande confiance dans leur capacité à gérer leur dépendance, par rapport à ceux qui ont lu le second article.

Les volontaires du premier groupe ont également signalé des intentions plus marquées de consulter un conseiller ou d'entamer une thérapie cognitivo-comportementale.

"Dans l'ensemble, nos observations plaident en faveur de l'abandon des messages qui relèguent la toxicomanie uniquement à la maladie alors que c'est plus compliqué. Au lieu de cela, les résultats suggèrent qu'il serait plus utile de parler des nombreuses raisons pour lesquelles les gens deviennent dépendants", considère Sarah L. Desmarais, co-autrice de l'étude.