Prendre un selfie, acte d'hyper-individualisme

Prendre un selfie, acte d'hyper-individualisme
Prendre un selfie, acte d'hyper-individualisme - © Rohappy - Getty Images/iStockphoto

Depuis quelques années, le selfie se popularise et devient un acte incontournable, faisant partie d'un quotidien de plus en plus plongé dans le virtuel. Ce n'est pas pour rien que le mot « selfie » a intégré les dictionnaires d'Oxford, Larousse et Petit Robert.

C'est indéniablement une reconnaissance de ce terme. L'acte consiste le plus souvent à se prendre en photo, à poster l'image sur les réseaux sociaux et à attendre les réactions des amis virtuels. Ce comportement devient de plus en plus habituel, évident et presque automatique.

Plusieurs psychologues se sont penchés sur ce nouveau phénomène de société, dont la docteure Elsa Godart. Celle-ci affirme, dans son étude, que nous vivons de plus en plus dans le virtuel, ce qui nous éloigne du bon sens et nous fait tomber dans les excès. Il y a, en effet, une sorte de boulimie de reconnaissance de la part des autres, associée à une forme de solitude qu'on appelle l'hyper-individualisme. Dans ce souci de modernité que vit le monde, il y a une sorte de repli sur soi et d'isolement qui empêche d'aller vers les autres. Le selfie, même s'il reste un acte ludique et spontané, exprime un souci de soi, du fait de cette obsession de partager ses photos et d'attendre les « likes » et les commentaires.