"Pour s'en sortir, c'est très compliqué en étant aborigène", estime la réalisatrice Vanessa Escalante

On les a massacrés, on les a empoisonnés, on a enlevé leurs enfants… C’est l’histoire des Aborigènes d’Australie, un peuple opprimé.


Ils sont les premiers hommes à avoir occupé le sol australien et existent depuis au moins 60.000 ans. Ils sont 700.000, soit environ 3% de la population du pays. Ce sont les Aborigènes d’Australie.
En Australie, il y a plus de 500 peuples aborigènes distincts, divisés en clans, et chacun a sa propre langue et son propre territoire. "Tous ces clans, en fait, c’était des nomades et ils suivaient leurs lignes totémiques, leurs ancêtres, qui étaient des êtres spirituels à moitié humains, à moitié animaux, un peu chimériques et qui leur ont dicté leurs lois", raconte Vanessa Escalante, réalisatrice du documentaire "D'Ocre et de Sang“.

 

Un peuple persécuté

La terre est un élément crucial pour les peuples aborigènes. Elle est au centre de leur vie matérielle et spirituelle.
Mais avec l’invasion britannique de l’Australie à la fin du 18ème siècle, les Aborigènes ont vu leurs terres détruites et ont été marginalisés. "En à peine 240 ans, la colonisation a réussi à détruire un peuple tout entier", déplore la réalisatrice.
En effet, les Aborigènes ont subi des massacres, des empoisonnements et des enlèvements d’enfants. "On les a empoisonnés avec l’eau", précise Vanessa Escalante.
Et cette réalité est souvent occultée en Australie. "On ne dit pas la vérité aux enfants dans les livres d’Histoire", explique-t-elle. "Très peu d’Australiens savent la vérité sur leur histoire de la colonisation ou la nient complètement."

 

Un racisme encore d’actualité

Aujourd’hui encore, les Aborigènes sont confrontés au racisme et à la violence et beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions matérielles déplorables. Vanessa Escalante dépeint des communautés dans lesquelles "c’est le tiers-monde" avec "une pression pas possible des politiques". S’ajoute à cela "un racisme hallucinant".
Récemment, un sommet aborigène a eu lieu pour proposer au gouvernement de reconnaitre leur souveraineté sur une base spirituelle et d'inscrire cela dans la Constitution avec d'autres requêtes. Mais celles-ci ont été refusées sur le motif qu’elles sont "dangereuses".
Face à une telle situation, la réalisatrice "D'Ocre et de Sang" estime que "personne n’a le droit de venir dire à ces peuples ce qu’ils ont à faire et comment ils doivent le pratiquer".