Nikki DuBose, ancienne mannequin : " Je n'ai jamais entendu : 'Tu es parfaite comme tu es'"

Nikki DuBose, ancienne mannequin : « Je n’ai jamais entendu : ‘Tu es parfaite comme tu es’»
Nikki DuBose, ancienne mannequin : « Je n’ai jamais entendu : ‘Tu es parfaite comme tu es’» - © Tous droits réservés

L’Américaine Nikki DuBose a été mannequin pendant dix ans. Aujourd’hui, elle témoigne de l’horreur qu’elle a vécu dans son livre « Dans l'enfer du mannequinat, une industrie qui détruit »

Harcèlement sexuel, pressions psychologiques, remarques sur son physique… L’Américaine Nikki DuBose a été mannequin pendant dix ans. De Paris à Miami, sa carrière a aussi été marquée par des troubles alimentaires et psychiques. L’enfer qu’elle a vécu, elle le raconte dans son livre "Dans l'enfer du mannequinat", une industrie qui détruit, aux Éditions du Rocher. 

" Quand j’allais à des dîners, quand je passais du temps avec les gens qui s’occupaient des contrats, je travaillais plus." a-t-elle remarqué. " Si je ne le faisais pas, je travaillais moins". À cause de cette " pression officieuse ", " je sentais que si je ne couchais pas avec mon patron ou si je n’avais pas un certain comportement, je n’arriverais pas à avoir les gros contrats. Et c’était mon seul travail donc … que faire dans ce genre de situation ? " 

 

" J’avais l’impression de ne jamais être comme il faut. " 

Dans le mannequinat, selon elle, " tout est une question d’apparence ". Même si aujourd’hui il y a des campagnes à propos de la diversité des corps, Nikki DuBose reste "sceptique" parce que "quand vous êtes un mannequin et que vous allez dans une agence, ils sont toujours aussi stricts. Et ils seront capables de vous dire n’importe quoi." Elle, par exemple, s’est vu recommander de la chirurgie esthétique, qu’elle a acceptée "parce que je voulais travailler!" 

 

Et même après ça, ce n’était pas suffisant. " Je n’ai jamais entendu : 'Tu es parfaite comme tu es’. " confie la jeune femme. " Ils me disaient : 'Tu es trop grosse' ou 'Tu as de trop grosses jambes' et le jour suivant, ils pouvaient me dire : 'Ouah, tu as perdu tellement de poids… Qu’est ce qui se passe ?' Donc j’avais l’impression de ne jamais être comme il faut. " Or, " quand on n’est pas mentalement stable, ça peut faire beaucoup de dégâts. " alerte-t-elle. Ayant vécu une enfance difficile, Nikki DuBose a elle-même souffert de troubles du comportement alimentaire à partir de huit ans, qui sont se accentués au fur et à mesure que sa carrière progressait. 

Au moment de mettre un terme à sa carrière de mannequin, elle ne pesait pas plus de 40 kilos. Ce qui était étonnant quand elle était anorexique, c’est "qu’ils me disaient que j’étais plus jolie, que j’étais parfaite comme ça" alors que la jeune femme se sentait malade, se faisait vomir, voyaient ses cheveux tomber et son cœur battre anormalement. "Je me disais : 'On peut voir tous mes os mais vous me dites que je suis belle ? Pourquoi c’est seulement quand je ne suis rien que vous pensez que je vaux quelque chose ?’" 

 

Engagée pour changer les choses 

Impliquée dans de nombreuses associations, Nikki DuBose lutte aujourd'hui pour que les choses changent. La jeune femme de 32 ans salue en particulier le décret adopté par la France en mai 2017 qui oblige les mannequins à fournir un certificat médical pour attester de leur bonne santé. " C’est vraiment important ", estime l’ancienne mannequin américaine et espère que les changements vont se poursuivre : " À chaque fois qu’il y a quelque chose dans une culture qui est négatif, cela prend du temps à changer, mais les petits pas provoquent des grandes victoires. "