Mieux connaître les premières expériences de vie des patients pourrait aider à combattre l'obésité

Mieux connaître les premières expériences de vie des patients pourrait aider à combattre l'obésité.
Mieux connaître les premières expériences de vie des patients pourrait aider à combattre l'obésité. - © South_agency - Getty Images

Une étude italienne met en lumière le rôle crucial que la personnalité et les caractéristiques psychologiques d'une personne souffrant d'obésité peuvent jouer dans la prise de poids et dans les troubles du comportement alimentaire.

 

Dirigée par Barbara Basile, professeure à l'Ecole cognitive comportementale de Rome (School of Cognitive Psychotherapy), cette nouvelle recherche montre que les troubles du comportement alimentaire peuvent être déclenchés par des expériences de vie précoces profondément ancrées dans les traits de personnalité des  adultes en surpoids ou obèses.  

"Si les causes biologiques et environnementales de l'obésité sont bien connues, les déterminants psychologiques qui pourraient indiquer des prédispositions chroniques sont moins clairs", explique Barbara Basile.

 

L'équipe qui a réalisé l'étude s'est basée sur un modèle de schémas thérapeutiques (ST) pour mieux comprendre le fonctionnement émotionnel et psychologique de ces personnes, en vue de développer des options de traitement plus efficaces.

Au total, 75 patients ont participé à l'étude. Certains avaient un indice de masse corporelle (IMC) normal, d'autres étaient en surpoids ou obèses. Parmi le groupe des personnes en excès de poids ou obèses, 49% des participants ont déclaré connaître des épisodes d'hyperphagie compulsionnelle (le fait de consommer des aliments au-delà des besoins énergétiques). De manière générale, les personnes obèses ou en surpoids étaient plus nombreuses à souffrir de troubles alimentaires que celles à l'IMC normal, indique l'étude.

 

La surconsommation d'aliments employée comme stratégie d'apaisement

L'étude, publiée dans le journal Helyion, montre notamment que les patients concernés par l'hyperphagie ont tendance à adopter ce type de comportement en guise de stratégie d'apaisement lorsqu'ils éprouvent des sentiments d'abandon, de dépendance ou des doutes quant à leur capacité à réussir dans la vie (travail, vie conjugale et familiale, vie sociale, réussite matérielle...).

Les chercheurs ont également tenu compte de critères tels que l'asservissement (la croyance que l'on doit abandonner le contrôle aux autres) ainsi que le juge intérieur (voix intérieure propice à l'auto-critique).

L'étude met en évidence le rôle du schéma d'auto-contrôle insuffisant chez les personnes en surpoids et obèses, qui se manifeste par des difficultés à tolérer la détresse et à retenir les impulsions.

A la lumière de ces résultats, la Pre Basile propose des pistes de thérapie visant à réduire les mécanismes d'adaptation dysfonctionnels tels que les "stratégies d'apaisement", ainsi qu'à déconstruire les messages auto-destructeurs délivrés par le juge intérieur.

"Il pourrait être particulièrement utile pour les patients obèses d'aborder leurs modes de schémas cognitifs actuels et les premières expériences qui y sont liées dans un milieu clinique solide et bienveillant, comme celui qui est utilisé dans la pratique des ST", estime Barbara Basile.