Mettre des enfants tôt le matin devant un écran favoriserait les troubles du langage

Mettre des enfants tôt le matin devant un écran favoriserait les troubles du langage.
Mettre des enfants tôt le matin devant un écran favoriserait les troubles du langage. - © Maskot - Getty Images/Maskot

Les enfants exposés aux écrans (télévision, console de jeux, tablette, smartphone, ordinateur) le matin avant l'école ont trois fois plus de risque d'avoir des troubles du langage, selon des chercheurs.

Des écrans partout!

L'usage des médias numériques a augmenté au cours de la dernière décennie, y compris pour les jeunes enfants.

Ils ont accès à la télévision, aux ordinateurs, aux consoles de jeux, aux tablettes et aux smartphones, rappellent les auteurs.

Des études ont montré que les jeunes enfants exposés aux écrans avaient moins d'interaction émotionnelle avec leur entourage, qui est pourtant nécessaire à leur développement psychomoteur, en particulier pour le développement du langage.

Un risque multiplié par trois

L'étude a porté sur 167 enfants atteints de troubles du langage et 109 qui en étaient indemnes. Ont été exclus les enfants dont le trouble du langage était dû à des pathologies ou handicaps ainsi que ceux dont les parents ne parlaient pas français.

Parmi les enfants présentant des troubles du langage (les "cas"), 44,3% étaient exposés aux écrans contre 22,0% de ceux qui en étaient indemnes (groupe témoin, de comparaison).

"Nous avons constaté que les enfants exposés aux écrans le matin avant l'école étaient trois fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage", relève le Dr Collet. 

Les enfants, dans cette étude, passaient en moyenne une heure et quart par jour devant un écran.

Un créneau horaire stratégique

Si en plus, ils discutent "rarement, voire jamais", du contenu des écrans avec leurs parents, ces enfants multiplient par six leur risque d'avoir des troubles du langage, d'après cette étude.

"Ce n'est pas le temps passé devant les écrans, en moyenne vingt minutes le matin, mais le moment de la journée qui a un impact", explique l'une des chercheuses, le Dr Manon Collet de l'université de Rennes.

"Cela va épuiser leur attention et les rendre moins aptes aux apprentissages", ajoute-t-elle.

L'étude ne peut pas prouver le lien direct de cause à effet mais établit un lien statistique certain, renforcé par les résultats de la recherche médicale déjà publiée, poursuit la chercheuse.