Les violences conjugales nuisent à la vie professionnelle des victimes, selon One in Three Women

D'après le sondage, un salarié sur dix déclare connaître un ou une collègue subissant des violences conjugales.
D'après le sondage, un salarié sur dix déclare connaître un ou une collègue subissant des violences conjugales. - © lolostock / IStock.com

Une enquête réalisée par le réseau d’entreprises européen One in Three Woman révèle que les violences conjugales ont un impact sur la productivité et le taux d’absentéisme des victimes au travail. Si ce n'est bien sur pas une des conséquences les plus graves, les employées en souffrent malgré tout.


Une femme sur trois

Dans le monde, une femme sur trois a subi des violences conjugales au cours de son existence. Qu’ils soient vieux ou récents, ces souvenirs ne sont pas sans impact sur la situation professionnelle de ces femmes. C’est la conclusion d’une étude réalisée par le réseau européen d’entreprises engagées dans la lutte contre les violences conjugales One In Three Women.

L’étude a été réalisée dans six pays européens (France, Belgique, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni) et a interrogé 6.639 salariées et salariés. Parmi les personnes interrogées, 16% des femmes ont déclaré avoir déjà subi des violences conjugales, contre 4% d’hommes.

Pour certaines, ces violences physiques et/ou morales infligées par leur partenaire appartenaient au passé. Pour d’autres, ce calvaire était encore bien ancré dans leur quotidien. Au total, 55% des sondées concernées par ces violences ont estimé que cette situation nuisait à leur vie professionnelle, y compris quand ces violences remontaient à plusieurs années.

 

Fatigue, absence et productivité

Les trois critères les plus évoqués pour qualifier cette nuisance sur le plan professionnel sont les retards (29% chez les victimes actuelles et 17% chez les anciennes), l’absentéisme (22% et 17%) ou la baisse de productivité (59% et 48%), cette dernière se traduisant par de la fatigue, de la distraction et/ou de la souffrance.

"Les résultats indiquent clairement que les retards et l’absentéisme peuvent être des problèmes pour les personnes qui subissent des violences conjugales ou qui en ont subi par le passé. Au total, un quart des personnes ayant déclaré avoir été victimes ont été en retard ou ont dû s’absenter", notent les autrices de l’étude.

L’enquête révèle par ailleurs que 16% des personnes ayant déjà subi des violences conjugales en ont été victimes jusque sur leur lieu de travail ou à proximité. Ces violences se manifestent par la réception d’appels téléphoniques et de messages injurieux via des SMS (87%), par du harcèlement sur le lieu de travail ou à proximité (57%) ou encore par la prise de contact avec les collègues (37%) de la part du partenaire violent.

 

Des sessions de sensibilisation

D’après le sondage, un salarié sur dix, soit 16% des femmes et 13% des hommes, déclare connaître un ou une collègue souffrant de violences conjugales. Pourtant, seuls deux répondants sur dix connaissent les ressources à leur disposition sur leur lieu de travail pour signaler des cas de violences conjugales.

A la lumière de ces résultats, les autrices à l’origine de l’étude adressent plusieurs recommandations aux entreprises pour une meilleure prise en charge des violences conjugales au travail, entre autres : créer un réseau de porte-paroles contre les violences conjugales au sein de chaque entreprise, organiser des sessions de sensibilisation à tous les niveaux de l’entreprise… ainsi qu’impliquer l’ensemble des collaboratrices et des collaborateurs en passant par les équipes dirigeantes.