Les populations généreuses vivraient plus longtemps

L’objectif des chercheurs était de comprendre la façon dont les individus dans une société donnée (sur 34 analysées) consomment et épargnent. Les transferts de richesse intergénérationnels peuvent inclure de l’argent, mais aussi des maisons, des avantages matériels ou non ou encore du temps. Bien sur, il n’y a pas que ce facteur qui permet d’expliquer une longévité plus grande, le produit intérieur brut (PIB) du pays et l’inégalité des revenus, par exemple, affectent également l’espérance de vie d’une population et les chercheurs ont ajusté leurs modèles pour inclure ces différents facteurs.

La cohésion sociale entraîne la générosité qui entraîne une espérance de vie allongée

Selon Tobias Vogt, professeur adjoint à la faculté des sciences spatiales de l’université de Groningen et auteur principal de l’étude, l’une des raisons probables expliquant ce lien entre transferts financiers et longévité pourrait être que ces pays affichent une cohésion sociale plus forte.

L’Europe occidentale et le Japon se classent au premier rang dans leur analyse, la France et le Japon, pays où le risque de mortalité est le plus faible, affichent les transferts de richesse individuelle moyens les plus élevés. Ces pays partagent entre 68% et 69% de leur revenu à vie, tout en rapportant des taux de mortalité environ deux fois plus bas que la Chine et la Turquie, où les gens partagent entre 44% et 48% de leurs revenus à vie, selon l’étude.

"Les pays d’Amérique du Sud se classent également très bien en termes de générosité, car ils partagent plus de 60% du revenu moyen d’une personne à vie", ont rapporté les chercheurs à CNN. Dans la partie basse du spectre, les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud-Est étaient ceux dans lesquels les gens étaient le moins en mesure de partager une partie de leurs revenus de toute une vie et avaient une durée de vie plus courte.

Une recherche qui complète les conclusions de l’ONU sur le "Rapport sur le bonheur dans le monde"

La générosité et l’espérance de vie font partie des six variables que les scientifiques examinent lors de la rédaction du Rapport sur le bonheur dans le monde, qui est publié chaque année par le Réseau de solutions de développement durable pour les Nations Unies. Cette année, alors même que la pandémie de coronavirus balayait l’Europe, la Finlande a conservé son titre de pays le plus heureux pour une troisième année consécutive.

"Un comportement généreux est lié à la confiance, au respect mutuel et au sentiment d’être ensemble", a déclaré John Helliwell, coéditeur du Rapport sur le bonheur dans le monde. "Les gens qui sont plus heureux sont par la suite en meilleure santé." Selon lui, notre endurance collective en tant qu’espèce ne concerne pas la survie des individus les plus aptes, mais plutôt la survie des sociétés les plus coopératives.