Les enfants, en particulier les garçons, associent le pouvoir à la masculinité dès l'âge de 4 ans

Les enfants, et en particulier les garçons, associent le pouvoir à la masculinité dès l'âge de 4 ans.
Les enfants, et en particulier les garçons, associent le pouvoir à la masculinité dès l'âge de 4 ans. - © Alistair Berg - Getty Images

En matière d'inégalités hommes-femmes, les constructions sociales relatives au genre surviennent très tôt: dès l'âge de 4 ans, selon une enquête menée sur des enfants de 3 à 6 ans.

"On sait peu de choses sur la façon dont ces représentations se manifestent dans la petite enfance. La présente étude a cherché à savoir si les enfants d'âge préscolaire de différents pays attribuent plus de pouvoir aux hommes qu'aux femmes dans le contexte d'interactions mixtes entre les sexes", expliquent les auteurs de l'étude, publiée dans la revue Sex Roles.

Dès 4 ans

La première expérience consistait à montrer une image sur laquelle deux petits personnages violets sont représentés de manière neutre, c'est-à-dire de sorte qu'on ne puisse pas distinguer s'il s'agit de filles ou de garçons. Les personnages représentés établissent un dialogue où l'un ordonne et l'autre obéit

Les résultats révèlent qu'à partir de 4 ans, une large majorité d'enfants considèrent que le personnage dominant est un garçon.

L'association pouvoir-masculinité a été observée chez les garçons comme chez les filles, et aussi bien au Liban et en France qu'en Norvège. Elle était en revanche beaucoup moins marquée chez les enfants de 3 ans.

Masculinité = pouvoir?

La seconde expérience a été réalisée sur des enfants âgés de 4 et 5 ans scolarisés en France. Ces derniers devaient s'identifier à l'un des deux personnages représentés sur l'image décrite précédemment. Dans ce cas précis, les filles comme les garçons s'identifiaient largement au personnage dominant.

Mais lorsqu'ils devaient considérer leur relation de pouvoir avec un personnage de genre différent, les garçons s'identifiaient plus souvent au personnage dominant.

Les filles ne s'identifiaient plus à l'un ou l'autre des personnages, précise l'étude.

Au jeu du dominant et du dominé

Le dernier test a porté sur des bambins de 4 et 5 ans qui ont assisté à une série d'échanges entre deux marionnettes masquées par un cache, l'une représentant une fille et l'autre un garçon. Dans un cas, les marionnettes s'apprêtaient à jouer ensemble et l'enfant entendait l'une imposer ses choix à l'autre. Dans l'autre cas, une marionnette disposait de plus d'argent que l'autre pour acheter des glaces.

La plupart des garçonnets ont décrété que la marionnette qui imposait ses choix ou qui avait plus d'argent était la marionnette masculine.

Ce n'était pas le cas des fillettes, qui n'ont pas spécialement attribué de position dominante à l'un ou l'autre genre.

"Ces résultats montrent une sensibilité précoce des enfants à une hiérarchie entre les genres, bien que les filles, dans certaines situations, n'associent pas le pouvoir à la masculinité", précisent les auteurs.