Les conseils d'un psychiatre pour venir en aide à un proche dépressif

Le psychiatre Christophe André a quelques recommandations et mises en garde pour nous permettre de soutenir un proche qui vit une période difficile.

 

En France, près d'une personne sur cinq est victime d'une dépression au cours de sa vie. Lorsqu'un proche endure cette phase, il ne faut pas hésiter à lui prêter main-forte pour l'aider à sortir la tête de l'eau. Le psychiatre Christophe André a quelques conseils pour soulager avec adresse et considération cette baisse de morale. 

 

Écouter sans adhérer

Le dépressif a parfois tendance à évoquer sa conception des choses et faire part de ses souffrances morales. Pour le psychiatre, il est important de lui prêter l'oreille et de le réconforter mais sans pour autant "adhérer à sa vision du monde". En effet, il faut faire attention à ne pas encourager cette représentation "un peu toxique" de la vie et éviter de "se laisser aspirer soi-même dans la dépression". Celle-ci peut s'avérer contagieuse.

 

Ne pas forcer

"Bouge-toi, secoue-toi" sont des mots qui semblent opportuns pour qu'un proche puisse s'extirper de l'apathie. Malheureusement, Christophe André rappelle que ces conseils seront formulés en vain puisque le dépressif est dans l'incapacité de bouger. Il est donc préférable de le stimuler en lui expliquant qu'"une heure passée dans le canapé" ne ferait qu'aggraver sa pathologie tandis qu'une simple promenade lui serait bénéfique. Il faut suggérer plus que forcer.

 

Penser à long terme

"Je ne me sens pas mieux après l'avoir fait", explique généralement un dépressif après qu'on lui a proposé une activité. Il est évident qu'une sortie ne va pas, "d'un coup de baguette magique", mettre un terme à son abattement. Cependant, la répétition de ces activités est le meilleur moyen pour échapper à ce cercle vicieux que trace la dépression. "À long terme, répéter ces efforts va les aider et c'est ça qu'on doit leur dire", précise Christophe André.