Les ados au volant sont-ils prudents ?

La présence parentale à bord du véhicule entraîne une plus grande prudence chez l'adolescent.
La présence parentale à bord du véhicule entraîne une plus grande prudence chez l'adolescent. - © © iStock - Li Zhongfei

Le cerveau adolescent appréhende les risques différemment que celui de l'adulte, une nouvelle étude a décidé de montrer comment les très jeunes conducteurs modulent leur prise de risque sur la route.

L'équipe de chercheurs a recruté des adolescents de 14 ans (l'âge légal de la conduite dans certains états américains) accompagnés de leurs mères. Les scientifiques ont suivi l'évolution de l'irrigation sanguine du cerveau des participants, pendant que ces derniers étaient installés dans un simulateur de conduite.

L'étude s'est déroulée sur deux phases, au cours de la première, les ados étaient seuls dans le véhicule, alors que lors de la seconde phase, ils conduisaient sous l’œil attentif de leur mère.

Seuls au volant, les jeunes trouvaient la prise de risque gratifiante, alors que la présence maternelle pouvait annuler cette excitation, et potentiellement entraîner une prise de décisions plus sages.

Ainsi, lorsqu'ils grillaient un feu orange, l'afflux sanguin augmentait dans la région du cortex associée à la récompense, mais uniquement lorsque les conducteurs étaient seuls dans le véhicule.

Plusieurs études précédentes avaient montré que cette région du cerveau, appelée striatum ventral, était plus sensible aux récompenses à l’adolescence que plus tard dans la vie.

"La vision prédominante est que le pic de sensibilité relatif à la récompense à l’adolescence sous-tend, en partie, la prise de risques adolescente", explique l’auteur Eva Telzer.

Mais lorsque leur mère était présente, la prise de risque était moindre, les ados freinaient beaucoup plus à l'approche des feux orange.

"Les ados passent de 55% de choix risqués (seuls) à 45% lorsque leur maman les regarde", précise Eva Telzer. "Cela n'est pas rien".

En présence de leur mère, le cortex préfrontal des jeunes s'activait lorsqu'ils freinaient, or cette activation ne se produisait pas lorsqu'ils freinaient en l'absence de leur parent, notent les chercheurs.

Cette partie du cerveau est associée au contrôle cérébral, qui joue un rôle clé dans la régulation du comportement, précise l'auteur. Selon elle, les deux mécanismes d'annulation du facteur de risque et celui d'activation du cortex préfrontal ont des conséquences directes sur la sécurité routière.

"La présence parentale change vraiment la manière de raisonner et de penser de l'adolescent et cela augmente sa prudence", conclue-t-elle.

Ces recherches ont été relayées par la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience.

À noter qu'en Belgique, l'âge légal pour la conduite accompagnée est désormais de 17 ans, mais il faut attendre l'année de ses 18 ans pour pouvoir conduire seul, une fois le permis en poche.

 

RTBF TENDANCE avec AFP