Le syndrôme du sauveur

Le syndrôme du sauveur
Le syndrôme du sauveur - © TimeStopper - Getty Images

La bonne éducation veut que l’on tende la main aux personnes en difficulté. Mais que faire quand ce besoin d’aider devient presque compulsif et nous relègue toujours au second plan ? Bienvenue dans l’univers des sauveurs malgré eux, les Saints-Bernard de nos vie…

Quand venir en aide n’est pas toujours une qualité
On a tous dans notre entourage un ami qui ne peut pas s’empêcher de vouloir sauver tout le monde ; et qui, accessoirement, se mêle du coup de tout. Celui qui va faire des heures sup’ non rémunérées pour aider un collègue à finir un dossier alors que sa famille l’attend. Celle qui va acheter tous les livres sur le diabète pour son amie qui vient d’être diagnostiquée. Celui qui va venir réparer les lampes de l’appart de sa cousine célibataire sans qu’on le lui demande…

Les intentions sont bonnes, voire même louables, mais cela donne aussi l’impression à l’autre personne d’être un "projet", une bonne action, plutôt qu’un être humain à part entière. Sans compter que c’est infantilisant, ce qui peut être très mal vécu.


Un retour pas toujours positif
Résultat ? La personne bénévole se prend souvent un retour de bâton inattendu et difficile à gérer. A force de ne vouloir qu’aider, c’est inconscient mais on attend un retour, et le manque de reconnaissance est souvent vécu comme un blessure profonde.

Le problème est que ces chevaliers blancs veulent en fait contrôler la situation pour faire face à leurs propres angoisses ; un comportement observé à son apogée dans les familles d’alcooliques ou de toxicomanes. C’est une façon constructive de combler ses propres faiblesses mais qui se focalise sur l’autre à la place de gérer le problème en soi.


Que faire ?
La solution est très simple et en même temps extrêmement difficile à appliquer : il faut lâcher prise. Alors, les magazines regorgent de ce sacro-saint crédo qui semble tellement facile. Mais comment l’appliquer ?

Lâcher prise, c’est ne plus réagir. C’est ne pas intervenir face à une personne qui parle de ses difficultés, à moins qu’elle ne demande de l’aide. C’est ne plus être proactif et volontairement apporter des solutions. Il faut attendre que la demande vienne de la personne en question et s’abstenir de tout conseil, de toute solution si cette demande ne vient pas. C’est apprendre à regarder les autres faire des erreurs et en tirer les leçons nécessaires sans s’immiscer dans leur histoire. C’est à la fois très simple et extrêmement frustrant à vivre quand on en n’a pas l’habitude. Et c’est une belle résolution de nouvel an si on veut sortir de cette spirale infernale…