Le surpoids pourrait augmenter le risque de dépression

Cette étude de 2019, relayée par la revue Translational Psychiatry et menée par des chercheurs des universités Aarhus au Danemark, a pris en compte des données concernant 332.000 personnes dans le cadre de l'UK Biobank (une étude au long cours qui repose sur les données génomiques de résidents britanniques), mais aussi des données concernant 135.000 personnes atteintes de dépression et 345.000 sujets témoins.

Les scientifiques ont recouru à la randomisation de Mendel, une technique qui donne des résultats plus fiables en utilisant des variantes génétiques associées à des facteurs de risques possibles de maladies. Ils ont examiné les associations entre la masse graisseuse, la masse non graisseuse, la taille et la dépression, sans pour autant avoir accès aux données d'indice de masse corporelle, ni à celles concernant la masse musculaire.

L'impact psychologique du surpoids sur la santé mentale

Leurs résultats ont montré que le fait d'afficher 10 kilos de graisse corporelle superflue pouvait augmenter le risque de dépression de 17%. Et plus les excédents de graisse augmentaient, plus la probabilité de développer une dépression grandissait.

Lorsqu'ils se sont intéressés à la taille des sujets, les scientifiques ont par ailleurs remarqué qu'une petite taille pouvait être un facteur de risque de cause de dépression.

"Notre étude a aussi indiqué que la localisation de la graisse sur le corps ne fait pas de différence vis-à-vis du risque de dépression.", explique l'auteur de l'étude, le Dr Søren Dinesen Østergaard.

"Il semble que ce sont les conséquences psychologiques du surpoids ou de l'obésité qui mènent à un risque accru de dépression, et non pas l'effet biologique direct des graisses."

"Si l'inverse était vrai, nous aurions remarqué que les graisses logées dans la partie médiane du corps augmentaient le plus le risque, comme elles ont les effets les plus néfastes en termes biologiques."

Le professeur Østergaard a aussi noté que les conclusions des chercheurs sont d'autant plus importantes que près de 40% de la population adulte mondiale est en surpoids. "En plus des conséquences physiques connues de l'obésité comme le diabète et les maladies cardiovasculaires, il y a aussi une importante composante psychologique bien documentée.Voici un argument de plus pour résoudre l'épidémie d'obésité", a-t-il poursuivi.