Le stress et les réseaux sociaux : "la peur de rater quelque chose"!

Enquête nationale sur le stress : "la peur de rater quelque chose" est un facteur de stress chez les Belges
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Enquête nationale sur le stress : "la peur de rater quelque chose" est un facteur de stress chez les Belges - © swissmediavision - Getty Images

Une utilisation des réseaux sociaux supérieure à la moyenne va de pair avec la jalousie, la FOMO (ou la peur de rater quelque chose), et le sentiment de devoir se montrer sous un meilleur jour.

FOMO (Fear Of Missing Out ou "la peur de rater quelque chose"), YOLO (You Only Live Once ou "on ne vit qu’une fois") ou JOMO (Joy Of Missing Out ou la joie de manquer quelque chose)… À chaque année, sa nouvelle tendance, semble-t-il. Nous voulons profiter au maximum de notre vie, mais nous ne parvenons pas toujours à adopter un style de vie équilibré. Il ressort d'une enquête nationale sur le stress que la moitié des Belges s’imposent une pression supplémentaire pour profiter au maximum de leur vie.

 

Comment cela se manifeste-t-il concrètement ?

Concrètement, 61% ont le sentiment d’être surbookés en permanence. En conséquence, il y a plus de Belges qui, le vendredi soir, préféreraient "cocooner" dans leur fauteuil (47%) que passer une soirée entre amis (29%). Qu’est-ce qui les en empêche exactement ? La peur d'être jugé par leurs amis et sur les réseaux sociaux : les Belges qui utilisent les réseaux sociaux plus souvent que la moyenne ont plus souvent l'impression de manquer des moments ou des expériences amusantes. Ils éprouvent également plus souvent un sentiment de jalousie et l’envie de se présenter sous un jour meilleur sur les réseaux sociaux.

Le Belge est stressé par ses amis

Profiter au maximum de la vie, c’est ce qu’exprime un acronyme désormais légendaire : YOLO ou " You Only Live Once " (on ne vit qu’une fois).

Comment s’exprime-t-il dans la vraie vie ?

Par une multiplication de nos obligations. Nous désirons mener de front une carrière fructueuse et brillante, ainsi qu'une vie de famille épanouie. Nous voulons aller manger dans le dernier restaurant branché et nous sculpter un corps de rêve. Nous voulons des rendez-vous romantiques avec le/la partenaire de nos rêves et aller, chaque week-end, aux festivals ou aux fêtes les plus en vue. Personne ne s’étonnera dès lors que 48% des Belges estiment que leur niveau de stress général est plutôt élevé. Cependant, nous sommes nous-mêmes responsables de cette pression sociale : plus de la moitié (53%) précisent qu’ils s’imposent eux-mêmes une pression supplémentaire parce qu’ils veulent profiter le plus possible de la vie.

Les milléniaux et les plus de 55 ans éprouvent plus de difficultés avec cette pression sociale.

Un cinquième des Belges considère la pression sociale liée au maintien des contacts avec leurs amis comme une des principales sources de stress. Ce sont surtout les milléniaux (22%) et les plus de 55 ans (26%) qui en souffrent, avec une fréquence étonnamment plus grande que chez les 35 à 54 ans (14%).

Comment cette pression se manifeste-t-elle ?

Des agendas (trop) remplis (61%) et le sentiment d’être constamment à la recherche d’une activité (47%). La majorité préférerait donc calmer un peu le jeu. 60% des Belges prévoient donc régulièrement une journée de repos sans aucune obligation sociale, de façon relative puisque plus de la moitié des Belges (55%) préfèrent avoir trop à faire que trop peu…

Quatre jeunes Belges sur dix craignent de perdre des amis lorsqu'ils annulent un rendez-vous

Quatre Belges sur dix (38%) éprouvent souvent le sentiment d'avoir des obligations sociales à remplir, même s'ils n'en ont pas envie. Pour de nombreux Belges, la participation à des fêtes de famille (27%), les réponses à des messages/commentaires sur les réseaux sociaux (27%) et les rendez-vous de fin de journée pour boire un verre entre collègues (23%) sont de parfaits exemples de ces obligations. 

Bien que plus d’un tiers des Belges (34%) appréhendent souvent un rendez-vous avec des amis, la moitié (49%) considère toutefois qu’il est difficile de dire " non ". Dans ce cas, un autre acronyme entre en jeu, à savoir FOMO, The Fear of Missing Out ou "la peur de rater quelque chose". Cette peur a un impact très important sur notre vie. Par exemple, 46% ont peur de manquer des moments amusants, et la majorité des répondants (54%) se sent coupable vis-à-vis de ses amis.

Ce n’est pas tout, car quatre Belges de moins de 35 ans sur dix (42%) affirment avoir peur de perdre des amis lorsqu'ils annulent un rendez-vous. Ce nombre est deux fois plus élevé que chez les plus de 55 ans (18%). Par ailleurs, la jeune génération a plus souvent le sentiment qu'elle ne pourra plus participer aux événements entre amis (40%).

Plus l'utilisation de Facebook est intense, plus la pression sociale est forte

Les réseaux sociaux ne semblent pas améliorer le sentiment "FOMO" du Belge. Trois répondants sur dix (30%) affirment en effet que les réseaux sociaux leur donnent l'impression de manquer des (grands) moments. Il arrive même à un Belge sur quatre (25%) d’être jaloux de ce que les autres postent sur Facebook ou sur Instagram.

Un cinquième (19%) estime devoir se présenter sur les réseaux sociaux sous un jour meilleur que la réalité ne le laisse paraître. Il n'est dès lors pas surprenant que la moitié des Belges qui utilisent les réseaux sociaux affirment qu’ils ne les rendent pas vraiment heureux.

Épinglons donc ce point étonnant : les Belges qui utilisent les réseaux sociaux plus souvent que la moyenne ont plus souvent l'impression de manquer des moments amusants, éprouvent plus souvent un sentiment de jalousie et l’envie de se présenter sous un jour meilleur sur les médias sociaux.

Les Belges préfèrent un vendredi soir de cocooning à la maison plutôt qu'une soirée entre amis autour d'un verre

Plus de la moitié des Belges interrogés (51%) déclarent apprécier vraiment une journée de farniente et de confort de leur fauteuil douillet. Bien que seulement 5% des Belges aient déjà entendu parler de JOMO (Joy Of Missing Out ou "la joie de rater quelque chose"), pas moins de quatre personnes sur dix (39%) affirment éprouver régulièrement du plaisir à ne rien faire et à jouir de leur tranquillité. Il est intéressant de noter que les Belges vivant le plus souvent l'expérience de la "FOMO" admettent éprouver plus régulièrement l'expérience de la "JOMO".

Les Belges sont en outre plus nombreux à préférer le confort de leur fauteuil (47%) le vendredi soir à un rendez-vous entre amis (29%). Il semble que les femmes profitent plus souvent d’une certaine nonchalance, confortablement installées dans leur fauteuil, et qu’elles soient plus souvent ravies lorsqu'un rendez-vous avec des amis tombe à l’eau (31% contre 23% pour les hommes). Les hommes, en revanche, préfèrent plus souvent les soirées entre amis aux soirées canapé (F : 23%, H : 35%).

Enfin, une statistique étonnante : les personnes qui éprouvent un haut niveau de stress estiment que ne rien faire durant le week-end parait moins acceptable sur le plan social.

* Enquête en ligne réalisée par le bureau de recherche iVOX à la demande d’Omnivit entre le 23 août 2018 et le 3 septembre 2018 auprès de 1 000 Belges. L’enquête est un échantillon représentatif en termes de sexe, langue, âge et diplôme. La marge d'erreur maximale pour 1.000 Belges est de 3,02%.