Le poop-shaming, l'ennemi numéro un des couples ?

Le poop-shaming pourrait être à l'origine de nombreuses disputes au sein des couples.
Le poop-shaming pourrait être à l'origine de nombreuses disputes au sein des couples. - © dusanpetkovic/Getty Images

S'il vous est déjà arrivé d'attendre impatiemment le départ de votre moitié pour aller à la toilette, c'est que vous êtes concerné par le "poop-shaming", autrement dit la honte de faire la grosse commission dans une situation de non-intimité.

Ce phénomène socio-psychologique concerne tout particulièrement les femmes et se révèle être un sujet tabou, et parfois même de tensions, au sein des couples.

"Les princesses ne font pas caca !"

"Les princesses ne font pas caca !" Vous avez forcément déjà entendu - ou prononcé - cette phrase qui, même sur le ton de l'humour, en dit long sur le rapport que chacun peut avoir avec tout ce qui se passe - ou ne passe pas - aux WC.

Et les femmes sont plus concernées par ce phénomène socio-psychologique qui peut avoir des répercussions sur leurs rapports aux autres, leur travail, leur santé, et même sur leur vie de couple.

Plus des trois quarts des Françaises (76%) confient avoir déjà été gênées à l'idée de devoir faire la grosse commission dans une situation de non-intimité, révèle un sondage réalisé par l'Ifop pour Diogène France.

Si le problème concerne également la gent masculine, les hommes sont moins nombreux à se préoccuper du regard des autres (62%) quand il s'agit d'aller à la selle.

Les odeurs apparaissent comme la raison principale de cette gêne (91% des femmes vs 88% des hommes), suivies par les bruits pouvant émaner d'un passage aux toilettes (89% vs 85%) et du risque que les autres utilisateurs vous pointent du doigt si les toilettes ne sont pas propres (74% vs 80%).

Quand un tabou devient un sujet de dispute

S'il vous semble déjà difficile d'aller aux toilettes au travail, chez des amis ou dans un lieu public, quelle sera votre réaction lorsqu'il faudra se jeter à l'eau à quelques mètres de votre partenaire ? Il faut dire que le "poop-shaming" est accru lorsque les sentiments - et le sexe - s'en mêlent.

L'usage des toilettes peut même devenir un sujet de tensions au sein des couples. Et en la matière, les femmes ont plus à reprocher à leurs homologues masculins que le contraire.

Sans surprise, près de la moitié de ces messieurs (49%) se sont vu reprocher de ne pas avoir relevé/abaissé la lunette des toilettes (contre seulement 11% des femmes), 39% de ne pas avoir aéré ou désodorisé la pièce après leur passage (19% des femmes), 38% de ne pas avoir changé le rouleau de papier et 37% de ne pas avoir bien nettoyé les toilettes.

Les stratégies mises en place

Résultat, les couples - hommes comme femmes - ont recours à des techniques bien rodées pour tenter d'étouffer l'affaire.

Il s'agit notamment de fermer toutes les portes qui peuvent faire obstacle au bruit (41% des Français), de jeter du papier dans l'eau pour amortir le bruit des selles (38%), d'attendre que son partenaire soit absent ou dorme (33%), de tirer la chasse en amont pour masquer les bruits (32%), voire de craquer une allumette pour dissimuler les odeurs (14%).

Quel impact sur la santé ?

Le "poop-shaming" peut être tel que certaines personnes sont incapables d'aller à la toilette dans certaines situations. C'est notamment le cas chez un nouveau partenaire sexuel si celui-ci se trouve à proximité des WC (43% des Français, dont 56% des femmes), chez des amis (42% des Français), dans des toilettes publiques (38%), et même chez soi si d'autres personnes se trouvent près des WC (19%).

Des situations qui pourraient avoir un impact sur la santé des personnes concernées : problèmes de constipation, troubles de la digestion, problèmes d'irritation du côlon ou de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.

Notons que depuis le début de la pandémie, avec la fermeture de la plupart des lieux de vie, les Français déclarent souffrir d'un manque d'accès à des toilettes publiques (45%). Un problème qui, là encore, touche plus particulièrement les femmes (51%).