Le business juteux du diagnostic des surdoués

Les surdoués, ces personnes avec un QI supérieur à 130, constituent une petite partie de la population. Pourtant, de nombreux adultes en quête d'identité ou des parents en mal de mettre un mot sur le comportement de leur enfant sont prêts à croire, parfois à n'importe quel prix, qu'ils sont "zèbres". Flairant le bon filon, de nombreux psys, coachs ou même youtubeurs se sont positionnés sur le créneau. Attention danger.

Pour en avoir le cœur net, consultez un spécialiste

"Test de Zèbre. Découvre si tu es surdoué." Ces liens censés aider les personnes désireuses de savoir si elles appartiennent à la catégorie des hauts potentiels pullulent sur la Toile.

Peu fiables et souvent trompeurs, ces questionnaires en ligne ne remplacent pas un diagnostic posé par un professionnel en cabinet.

Devant les interrogations d'un public toujours plus nombreux, souvent désireux de mettre un mot sur un mal-être, de nombreux psychologues se sont lancés sur le créneau, parfois uniquement appâté par l'appât du gain

C'est le cas de Michelle. "Je me suis lancée là-dedans parce que je savais qu'il y avait de l'argent à se faire", explique la psychologue, interrogée dans le cadre d'une enquête de L'Express.

Selon elle, les consultations pour connaître sa neuroatypicité (ou pas), ont explosé pendant le deuxième confinement. Un rapport avec la série "HPI" de TFI, où la comédienne Audrey Fleurot interprète une femme au QI ultra musclé ? Peut-être. Toujours est-il que selon les révélations de l'hebdomadaire d'actualité, ce nouveau filon est un "business" juteux, à la limite parfois du "charlatanisme".

Le phénomène "haut potentiel" : une machine à fantasmes ?

Le haut potentiel fascine tout autant qu'il suscite des interrogations. Il n'est cependant réservé qu'à une petite partie de la population : 2,3%.

De nombreux ouvrages sur le sujet ont été publiés. L'un des plus connus, "Trop intelligent pour être heureux ?" de  la psychologue et auteur Jeanne Siaud-Facchin a été vendu à 240.000 exemplaires.

Au-delà du chiffre de QI, on y découvre des traits psychologiques comme l'hypersensibilité, l'émotivité ou la réceptivité affective. Des qualités suffisamment vagues pour que bon nombre d'entre nous s'y reconnaissent.

Toutefois, l'autodiagnostic à partir d'un ouvrage, d'un test en ligne ou d'un groupe Facebook ne peut suffire : seul l'examen clinique (WISC pour les enfants, WAIS chez les adultes) peut trancher la question.

Entre 200 et 600 euros le test, une affaire qui marche !

De nombreux psychologues choisissent d'ajouter cette spécialité à leur compétence. Selon l'Express, 16% d'entre eux présents sur le site Doctissimo proposent l'examen.

Et là, où une consultation oscille entre 70 et 110 euros, c'est bien plus pour un test de QI : entre 200 et 600 euros.

De nombreux coaches ou spécialistes autoproclamés sur les réseaux, sans diplôme, proposent également un diagnostic. Des pseudos-experts à fuir.