La sédentarité a augmenté partout en Europe en l'espace de 15 ans

Selon une étude, la sédentarité a augmenté partout en Europe en l'espace de 15 ans.
Selon une étude, la sédentarité a augmenté partout en Europe en l'espace de 15 ans. - © Maskot - Getty Images/Maskot

Une étude réalisée dans plusieurs pays d’Europe estime à 8% en moyenne la hausse de sédentarité entre 2002 et 2017. Les 35-44 ans sont les personnes chez qui le manque d’activité physique a le plus augmenté au cours de cette période.

Parue dans le BMC Public Health, l’étude se base sur des données issues de quatre enquêtes sur l’évolution des comportements sédentaires, collectées par des chercheurs de l’université Roi Juan Carlos (Espagne). Au total, la recherche réunit les réponses de 96.004 adultes âgés de 50 ans en moyenne dans toute l’Union européenne (UE), sur une période comprise entre 2002 et 2017.

1 adulte sur 2 physiquement inactif

En 2002, le pourcentage d’adultes qui restaient inactifs pendant plus de 4h30 par jour était de 49,3% et de 54,3% en 2017, souligne l’étude. Cette augmentation s’avère plus ou moins importante selon les pays : la proportion d’adultes sédentaires a par exemple augmenté de 3,9% en Espagne et de 7,4% en Allemagne.

"Nos recherches indiquent que la prévalence du comportement sédentaire a augmenté dans toute l’Europe et cela pourrait avoir des implications importantes pour la santé de tous les États européens", alerte le Pr Xián Mayo.

De 2002 à 2017, 55,6% des personnes âgées de plus de 65 ans et 58,3% des 18-24 ans se sont déclarées physiquement inactives. Le groupe d’âge où la sédentarité a le plus augmenté en 2017 est celui des 35-44 ans : de 43,7% à 50,4% en l’espace de 15 ans. La sédentarité a également été mise en évidence chez 52,2% des hommes, contre 49,5% des femmes.

Trop d’écrans, trop de technologies ?

"Cette prévalence de l’inactivité physique pourrait être liée au fait que les gens interagissent de plus en plus avec des technologies telles que les smartphones et les services de streaming pendant le travail et les loisirs", estiment les chercheurs. "Nos conclusions suggèrent qu’en plus d’encourager l’activité physique, les gouvernements devraient se concentrer sur la réduction du temps que les gens passent assis chaque jour."

L’inquiétude des chercheurs s’avère d’autant plus importante que leur étude se base sur des auto-déclarations, ce qui pourrait, selon eux, sous-estimer la véritable prévalence du comportement sédentaire à travers l’Europe.

Avec environ 3,2 millions de décès à travers le monde chaque année, la sédentarité est considérée comme l’un des pires fléaux sanitaires du XXIe siècle.