La chirurgie transgenre permet de réduire le recours aux antidépresseurs

Selon l'étude, les personnes transgenres sont environ six fois plus susceptibles de souffrir d'un trouble de l'humeur ou d'anxiété lorsqu'elles se rendent chez le médecin.
Selon l'étude, les personnes transgenres sont environ six fois plus susceptibles de souffrir d'un trouble de l'humeur ou d'anxiété lorsqu'elles se rendent chez le médecin. - © nito100/Istock.com

D'après une nouvelle étude américaine, les personnes transgenres qui choisissent de se faire opérer pour changer de sexe sont plus épanouies à long terme sur le plan psychologique que celles qui prennent uniquement des traitements hormonaux.

Pour cette étude, des chercheurs américains de l'École de santé publique de Yale (Etats-Unis) ont étudié le Registre de la population totale de la Suède (9 747 324 millions de personnes), lié au Registre national des patients et au Registre des médicaments prescrits.

 

Dysphorie de genre

Les données médicales de 2.679 personnes suédoises diagnostiquées de "dysphorie de genre" entre 2005 et 2015 ont été analysées. La dysphorie de genre est le terme médical employé pour désigner l'anxiété ou la dépression chez une personne qui ne se reconnaît pas dans le sexe qu'on lui a attribué à la naissance.

Parmi les personnes étudiées, un peu plus de 70% recevaient un traitement hormonal et 48% se sont fait opérer pour changer de sexe. L'objectif de la recherche était d'analyser l'efficacité de ces deux formes de thérapie, de manière indépendante, sur la santé mentale des patients au cours d'une période de suivi de 10 ans. Les auteurs de l'étude se sont basés sur plusieurs critères tels que les consultations médicales pour des troubles de l'humeur ou de l'anxiété, les prescriptions d'anxiolytiques et d'antidépresseurs ou les hospitalisations après une tentative de suicide.

Selon l'étude, les probabilités de se faire prescrire un traitement pour dépression ou anxiété étaient associées à une réduction de 8% pour chaque année après le recours à la chirurgie au cours des 10 ans de suivi.

Les chercheurs précisent qu'ils n'ont pas constaté cette amélioration avec le traitement hormonal seul.

 

Six fois plus susceptibles de souffrir d'un trouble anxieux

Selon l'étude, publiée dans l'American Journal of Psychiatry, les personnes transgenres sont environ six fois plus susceptibles de souffrir d'un trouble de l'humeur ou d'anxiété lorsqu'elles se rendent chez le médecin, font trois fois plus l'objet de prescription d'antidépresseurs et d'anxiolytiques et sont six fois plus exposées aux tentatives de suicide que la population générale.

"Dans cette première étude de population totale de personnes transgenres ayant reçu un diagnostic de dysphorie de genre, l'association longitudinale entre la chirurgie de changement de sexe et la réduction de traitement en santé mentale appuie la décision d'offrir des chirurgies aux personnes transgenres qui le souhaitent", concluent Richard Bränström et John E Pachankis, qui ont réalisé les travaux.