L'université de Berkeley propose des cours pour devenir adulte

L'université de Berkeley propose des cours pour devenir adulte
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L'université de Berkeley propose des cours pour devenir adulte - © skynesher - Getty Images

Être adulte est difficile. C’est un constat global dans le monde occidental et pas uniquement aux Etats-Unis.

Combien de jeunes sont sortis des études secondaires en se disant 'ok je sais faire une intégrale, cool. Mais comment on fait la lessive ?'. Cliché, vous direz ? Réaliste, nous répondrons.

L’université de Berkeley s’est également rendu compte du manque d’apprentissage "des choses de la vie" de la part de ses étudiants. Des choses qui paraissent simples pour nos parents mais qui sont encore obscures pour la génération Y. On ne parle pas uniquement de lessive mais de choses parfois plus évoluées comme remplir sa déclaration d’impôts, faire un emprunt à la banque, comprendre le système politique de notre pays, etc… Des connaissances que nos parents ont apprises bien plus jeunes que nous et qui nous paraissent aujourd’hui l’apanage d’un 'vrai adulte'.

On sait peut-être envoyer 12 messages en même temps dans 5 conversations différentes et sur 3 app distinctes, mais on ne sait pas faire tenir une plante plus de 2 semaines.

Des cours mal vus en secondaires

Aux Etats-Unis, de nombreuses écoles secondaires proposent un cours de citoyenneté générique appelé 'Home economics' dans lequel les adolescents apprenaient le b.a.-ba de la vie indépendante. Comment cuisiner, gérer un budget, organiser les tâches ménagères, remplir un chéquier.

Un enseignement qui a, outre-atlantique, une réputation de cours pour 'jeunes demoiselles bonnes à marier' et qui a, du coup, de moins en moins de succès auprès des jeunes. Dommage puisqu’avec une meilleure communication sur ces cours, ils pourraient pourtant aider bien des jeunes à entrer dans la vie active en sachant où ils mettent les pieds.

Un manquement des parents ?

Faute de succès, ce cours pourrait être remplacé par l’éducation des parents mais, selon le site de Good.is, ce n’est pas le cas. Les 'parents hélicoptères' (une forme d’éducation que l’on rencontre aujourd’hui) sont là pour soutenir leurs enfants quand ils ont un problème, les pousser à réussir leurs études ou leurs projets plutôt que les armer des connaissances dont ils ont besoin pour vivre de manière autonome. Ce type de parents serait plus intéressé par couver leurs enfants et les rendre heureux à court terme plutôt que leur transmettre les connaissances de la "vraie vie".

Peut-être que l’existence d’internet leur fait penser que toutes les informations nécessaires pour savoir faire la lessive sont trouvables sur Google. Mais est-ce que les enfants/ado/adulescents vont réellement chercher cela sur internet ?

Si tout le monde ne blâme pas ses parents pour le manque de compétences dans la vie quotidienne, de nombreux millenials n’hésitent pas à jeter la pierre à tous ces 'boomers'. Et les boomers de répondre "Nous élevons une génération de mauviettes émotionnelles qui n’ont pas la capacité de se tenir debout", comme l’écrit Amy Morin pour le site d’Inc.

Quelle que soit l’origine de ce manque de connaissances sur la vie autonome, le fait est que les nouvelles générations se sentent perdues face au fait d’être adulte.

L’université prend le relais

C’est dans ce contexte que l’UC Berkeley propose des cours hebdomadaires de 1h30 sur 12 semaines pour apprendre les 'basics' de la vie d’adulte. L’initiative vient de deux étudiantes Belle Lau et Jenny Zhou qui se sont rendu compte des difficultés de vivre seules et des lacunes dans leur éducation. "Nous sommes jetés dans ce monde et n’avons aucune idée de ce que nous sommes censés faire", a déclaré Lau au Los Angeles Times.

"Je pense qu’en général, nous nous sentons tous un peu perdus et nous ne savons pas par où commencer."

La classe est un cours géré par les étudiants dans le cadre du programme DeCal (Democratic Education at Cal) de l’université. Dans le programme, les étudiants peuvent créer et animer leurs propres cours sur des sujets qui ne sont pas nécessairement couverts dans les cours traditionnels de l’université.

Le cours se concentre sur des compétences telles que la gestion du temps, la mise en place d’un budget, la forme physique, la nutrition et les relations (amoureuses, amicales, de travail). Zhou et Lau font appel à des experts extérieurs pour enseigner aux étudiants ces compétences de la vie quotidienne. Elles ont par exemple fait venir un recruteur de Lyft pour expliquer comment chercher un emploi ou un ancien comptable qui a enseigné aux étudiants comment remplir sa fiche d’impôts.

Un succès relatif

Même si vous qui lisez ces lignes trouvez l’idée géniale et hyper pratique, ce n’est pas le cas de beaucoup d’étudiants à Berkeley puisque le cours ne compte que 200 élèves. Sur les 42.000 inscrits à l’université californienne, ce n’est pas un franc succès.

Par contre, cela a inspiré différentes régions des Etats-Unis puisque, à Portland, il existe une véritable école pour adultes, qui propose des cours sur tout, de la résolution de conflits à comment se faire des amis.

Que penser d’un cours pareil dispensé dans nos universités belges ? Cela aurait-il du succès ? Probablement. Cela serait-il accepté dans les hautes sphères de décision ?