L'association entre alcool et dépression chez les adolescents américains a fortement diminué en 27 ans

L'association entre alcool et dépression chez les adolescents américains a fortement diminué en 27 ans.
L'association entre alcool et dépression chez les adolescents américains a fortement diminué en 27 ans. - © Ole Schwander - Getty Images/iStockphoto

Une étude américaine révèle que la consommation excessive d'alcool chez les adolescents américains entre 1991 et 2018 a brusquement chuté, tandis que les symptômes dépressifs chez cette même catégorie de population ont fortement augmenté depuis 2012.

"La consommation excessive d'alcool et les symptômes dépressifs ont toujours été corrélés, de sorte que le fait de comprendre s'il y a des changements dynamiques dans leur association contribue à la prévention et à l'intervention", soulignent les auteurs de l'étude, dont les résultats sont publiés dans le Journal of Adolescent Health

Dans cette recherche réalisée à partir d'une cohorte de 54.888 adolescents scolarisés en classe de terminale et issus des enquêtes nationales Monitoring The Future, une consommation excessive d'alcool était associée à plus de cinq verres au cours des deux dernières semaines. La prévalence des signes dépressifs chez les participants a été évaluée à partir de leurs réponses à plusieurs questions du type: "Pensez-vous que votre existence n'a pas de sens ou qu'elle est sans espoir?".

En analysant ces données recueillies entre 1991 et 2018, les chercheurs ont pu constater que le lien entre signes dépressifs et consommation excessive d'alcool avait diminué de 24% chez les filles et de 25% chez les garçons.

"La corrélation décroissante entre la consommation excessive d'alcool et la santé mentale se produit à une époque où la consommation d'alcool chez les adolescents américains diminue comme jamais auparavant et où les problèmes de santé mentale augmentent. Par conséquent, la relation entre la consommation d'alcool et d'autres drogues et la santé mentale devrait peut-être être reconceptualisée pour les recherches actuelles et  futures", estime Katherine M. Keyes, PhD, professeure agrégée en épidémiologie à la Columbia Mailman School of Public Health et autrice principale de l'étude.