Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé

Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé - © halfbottle - Getty Images/iStockphoto

Retourner travailler après une crise cardiaque? C'est à tout à fait possible, assurent plusieurs médecins, qui publient un papier sur le sujet à l'occasion du Congrès européen de cardiologie.

 

"Après une crise cardiaque, il est très rare que les patients soient physiquement incapables d'accomplir leurs tâches précédentes, y compris les travaux lourds. Les patients qui estiment qu'ils peuvent encore faire leur travail et qui veulent y retourner peuvent le faire", affirme la cardiologue Rona Reibis, auteure principale du papier paru dans l'European Journal of Preventive Cardiology et professeure à l'Université de Potsdam (Allemagne). 

Entre 67% et 93% des patients atteints de syndromes coronariens aigus - dont une crise cardiaque et une angine instable (douleur thoracique) - retournent au travail dans les deux ou trois mois. Mais après un an, une personne sur quatre démissionne, expliquent les médecins. Parmi les plus de 55 ans, les femmes sont moins susceptibles que les hommes de retourner sur le marché du travail.

La peur de retourner au travail dépend principalement de la décision du patient, influencée par des facteurs psychologiques comme le manque de confiance en soi, la dépression et l'anxiété.

Ces difficultés sont plus courantes chez les ouvriers, plus susceptibles de démissionner après un an. C'est particulièrement le cas pour les patients fumeurs dans la trentaine et qui sont en surpoids ou obèses. 

Ce problème s'observe également chez les ouvrières: "Il y a toujours l'idée traditionnelle que l'homme doit retourner au travail parce qu'il est le soutien de famille. Alors que les femmes peuvent être réintégrées, mais cela dépend si elles le veulent. De plus, elles ont tendance à douter davantage de leur capacité d'accomplir leurs tâches principales", explique la Dre Reibis. 

 

Pour une reprise professionnelle sereine, les patients victimes d'une crise cardiaque ne doivent pas changer d'emploi. Les cardiologues recommandent également un rythme horaire plus souple, une séance de télétravail par semaine et plusieurs pauses dans la journée. Les personnes qui occupent un poste à responsabilité ne doivent pas non plus hésiter à déléguer certaines tâches afin d'alléger leur charge de travail.