Harcèlement sexuel: les femmes qui occupent des postes à responsabilités sont davantage exposées

Bien que les participantes proviennent de trois pays aux politiques et aux cultures différentes en matière d'égalité entre les sexes, la recherche montre que les femmes sont fortement sujettes au harcèlement sexuel, en particulier celles qui occupent des postes à responsabilités.

Un fléau mondial

Dans le monde du travail, le harcèlement sexuel à l'encontre des femmes fait rage. Est considéré comme harcèlement sexuel tout propos, geste, attitude et/ou toute forme de pression morale et physique (humiliation, chantage) à connotation sexuelle exercé par un individu à l'encontre d'une tierce personne.

En France, près d'1 femme sur 3 déclare avoir été confrontée à au moins une situation de harcèlement sexuel sur son lieu de travail au cours de sa carrière.

Mais ce fléau s'étend malheureusement à l'échelle mondiale. Une nouvelle recherche compilant deux études réalisées aux Etats-Unis, au Japon et en Suède, le confirme.

Les femmes managers plus souvent harcelées

Premier constat de l'étude: les femmes placées haut dans la hiérarchie de leur entreprise étaient les plus susceptibles de subir du harcèlement sexuel, surtout lorsque la majorité de leurs subordonnés était composée d'hommes.

Selon les analyses présentées, les participantes ont subi entre 30% et 100% plus de harcèlement sexuel que les autres employées.

Ces observations se vérifient à la fois aux États-Unis, au Japon et en Suède, trois pays où les normes et les niveaux d'égalité des sexes sur le marché du travail sont pourtant différents.

L'étude montre aussi que plus la position hiérarchique est élevée, plus l'exposition au harcèlement sexuel est forte pour les femmes, bien que les risques demeurent importants pour l'ensemble des postes à responsabilité occupés par des femmes, notent les chercheurs.

Le "coût" du travail des femmes?

Pour Olle Folke, chercheuse à l'université d'Uppsala (Suède) et co-autrice de l'étude, "le harcèlement sexuel signifie que l'évolution professionnelle des femmes a "un coût" plus élevé que celui des hommes, surtout dans les industries et les entreprises à prédominance masculine".

 "Il est également suivi de conséquences professionnelles et sociales négatives, comme le fait de manquer des promotions ou des formations."

La nouvelle étude a été publiée dans la revue Dædalus.