Halloween : pourquoi aimons-nous avoir peur ?

Des chercheurs danois de l'université d'Aarhus ont souhaité pousser les investigations plus loin en allant directement sur "le terrain". En l'occurrence, dans une maison hantée. 

Composée de 50 pièces (gare aux zombies et aux monstres tapissés dans les recoins), l'attraction qui a servi de lieu d'étude est située dans la ville de Vejle, au Danemark. Parmi les personnes qui l'ont visitée, 110 ont été sélectionnées par les chercheurs pour se livrer à une expérience particulière. Les résultats de l'étude sont parus en 2020 dans Psychological Science.

La "peur récréative" : quand le coeur bat - un peu - plus vite

Les volontaires ont porté un moniteur de fréquence cardiaque durant la totalité de leur exploration de la maison, dans laquelle des caméras ont été installées afin de permettre aux chercheurs d'observer les réactions du public. À leur sortie, les participants ont été invités à décrire leur expérience et leur niveau de satisfaction. 

L'étude révèle que notre fascination pour l'horreur atteint son paroxysme lorsqu'elle déclenche une réaction physique distincte (changements du rythme cardiaque) mais sans se révéler trop intense.

Cette frontière entre le plaisir et expérience stressante peut varier d'une personne à l'autre et n'est donc pas toujours facile à établir.

"Si les gens n'ont pas assez peur, ils apprécient moins l'attraction, et la même chose se produit s'ils ont trop peur", observe le chercheur principal de l'étude Marc Malmdorf Andersen, qui parle de "peur récréative" pour décrire ce phénomène. 

Le palmarès des films les plus effrayants

Quelques jours plus tôt, le comparateur en ligne britannique Broadbandchoices analysait les réactions de 50 personnes ayant visionné plus de 120 heures des meilleurs films d'horreur. Là aussi, les participants étaient équipés d'un moniteur de fréquence cardiaque destiné à mesurer leurs réactions. 

Le but de l'expérience était toutefois totalement différent puisqu'il s'agissait ici de déterminer quelle œuvre du septième art était la plus susceptible de faire battre le cœur (au sens propre) des participants. Le film "Sinister" (Scott Derrickson, 2012) remporte la palme, suivi d'"Insidious" (James Wan, 2010) et de "The Conjuring" (James Wan, 2013).