Fumer du cannabis à l'adolescence nuirait aux facultés intellectuelles

Des chercheurs canadiens viennent étayer les recherches précédentes sur les effets néfastes du cannabis sur le fonctionnement cognitif des ados.
Des chercheurs canadiens viennent étayer les recherches précédentes sur les effets néfastes du cannabis sur le fonctionnement cognitif des ados. - © AFP PHOTO/Leon Neal/FILES

De nouvelles recherches canadiennes ont montré que le fait de fumer du cannabis pouvait avoir des effets négatifs sur le développement cognitif des jeunes.

 

Cette étude, menée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l'Université de Montréal, a suivi 3.826  adolescents canadiens sur une période de quatre années.

Les chercheurs ont pris en compte tous les niveaux de consommation d'alcool et de cannabis (les abstinents, les consommateurs occasionnels et les forts consommateurs) et les différents effets de cette consommation sur plusieurs domaines cognitifs comme la mémoire à long terme, le raisonnement, l'inhibition et la mémoire de travail, aussi appelée mémoire immédiate

Les résultats, parus dans l'American Journal of Psychiatry, ont montré que la consommation de cannabis et d'alcool à l'adolescence était associée à une moindre performance générale dans tous les domaines cognitifs.

 

Les scientifiques ont cependant montré que le cannabis produisait plus de dégâts sur les fonctions cognitives que l'alcool

"Une augmentation plus poussée de la consommation de cannabis, mais pas d'alcool, montrait des effets additionnels concomitants et décalés sur les fonctions cognitives, comme le raisonnement perceptuel, la mémoire à long terme, la mémoire immédiate et le contrôle inhibiteur", a commenté l'auteure Patricia Conrod. "Notre principale préoccupation concernant ces résultats provenait des effets durables d'une mesure du contrôle inhibiteur, qui est un facteur de risque pour d'autres comportements addictifs et qui pourrait expliquer pourquoi un début précoce de la consommation de cannabis serait un facteur de risque pour d'autres addictions.

Le coauteur Jean-François G. Morin a par ailleurs ajouté que "certains de ces effets sont encore plus prononcés lorsque la consommation débute plus tôt dans l'adolescence.

 

En plus de leurs effets grisants, l'alcool et le cannabis ont précédemment été associés à des troubles de l'apprentissage, de la mémoire, de l'attention et de la prise de décision, en plus de performances académiques plus faibles.

"Bien que de nombreuses études ont rapporté des différences de groupe des performances cognitives entre les jeunes utilisateurs et ceux qui ne prenaient ni drogue ni alcool, il restait à établir les effets de cause et de durée de l'utilisation de substances chez les ados sur le développement cognitif", a précisé le professeur Morin. 

"Nous voulons aussi identifier si ces effets sur le développement cérébral sont liés à d'autres difficultés comme les mauvais résultats scolaires, les atteintes neuroanatomiques et le risque d'addiction future ou de troubles de la santé mentale."