Et si le bonheur s'apprenait à l'université ?

Et si le bonheur s'apprenait à l'université ?
Et si le bonheur s'apprenait à l'université ? - © Peter Cade - Getty Images

Se sentir heureux peut s'avérer particulièrement ardu, surtout en ces temps de Covid-19. Une nouvelle étude de l'université de Bristol démontre que l'on peut atteindre cet état de satisfaction... si on se donne la peine de l'étudier comme n'importe quelle autre matière académique.

Et ça marche. Ce cours de "science du bonheur" aurait été bénéfique pour la santé mentale des étudiants.

La "science du bonheur", avec théorie et exercices pratiques

Comment être heureux ? Si la question prend une ampleur particulière depuis le début de la pandémie, elle est au cœur des préoccupations des professeurs de l'université de Bristol depuis 2018. A l'époque, l'université lançait un cours consacré à la "science du bonheur" en réponse à une augmentation inquiétante des problèmes de santé mentale chez les étudiants britanniques. 

Ce module, inspiré d'un cours dispensé à l'université américaine Yale, comporte deux volets, l'un théorique, l'autre pratique. Les étudiants assistent à des cours sur la psychologie et la neuroscience du bonheur mais doivent également accomplir des tâches susceptibles de les rendre plus heureux comme discuter avec un inconnu, écrire une lettre de remerciement et participer à des "Happiness hubs" ("Réunions du bonheur"). A l'issue de la formation, ils reçoivent 20 crédits académiques, soit un sixième de ce dont ils ont besoin pour valider leur première année. 

Des "diplômés" mieux armés face aux difficultés

Trois ans après son lancement, une nouvelle étude montre que ce cours sur la "science du bonheur" a permis d'améliorer la santé mentale des étudiants y participant et ce, avant comme durant la pandémie.

Les chercheurs britanniques ont remarqué que le bien-être mental d'une première cohorte d'étudiants, qui ont suivi la formation de trois mois à la fin de l'année 2019, était nettement supérieur à celui d'un groupe témoin. 

Ceux qui avaient participé au cours au début de la pandémie ne se sont pas sentis plus heureux mais se sont montrés plus ''résilients" que des étudiants lambda.

"La participation à un cours psychoéducatif sur le bonheur a des effets protecteurs sur le bien-être mental pendant une période d'incertitude collective", notent-ils.

Ils ont été confirmés par l'étude d'un troisième groupe d'individus ayant récemment suivi le cours en ligne, dont des personnes travaillant à l'université de Bristol. Une grande majorité d'entre eux (82,8%) affirment que la formation a eu un effet positif sur leur bien-être.

La formation convainc, y compris sous sa forme virtuelle

Bien que cette étude universitaire ait des limites, le professeur Bruce Hood s'est dit "stupéfait" de découvrir l'impact positif de ce module sur la santé mentale des étudiants.

"J'ai d'abord pensé que tous les avantages du cours seraient annihilés par le stress de la pandémie et le manque d'interaction sociale. C'est ce qui est arrivé à d'autres étudiants mais ceux qui ont suivi la version en ligne du cours en ont quand même profité, même si les conférences et les 'happiness hubs' étaient virtuels. Cette étude prouve que l'apprentissage du bonheur peut améliorer votre bien-être mental", explique le professeur, qui dirige le module sur la "science du bonheur".

Autre preuve de son succès : près de 1.000 étudiants de l'université de Bristol s'y sont déjà inscrits depuis son lancement en 2018.