En Suède, le consentement devra être clairement explicite avant un rapport sexuel

“Si ce n'est pas "oui", c'est que c'est "non"". Maintenant en Suède, le consentement devra être clairement explicite avant un rapport sexuel. Et c’est inscrit dans la loi. Explications. 

Une nouvelle loi sur le consentement sexuel, qui considère comme viol tout acte sexuel sans accord explicite, même en l'absence de menace ou de violence, est entrée en vigueur dimanche 1er juillet en Suède. 

“Quiconque veut avoir des relations sexuelles avec quelqu'un d'autre doit s'assurer qu'il y a des signes de consentement que ce soit dans les actes ou dans les mots“, explique Ida Östensson, fondatrice de Make Equal.

En Suède, un rapport sexuel sans consentement est désormais considéré comme un viol. Une victoire pour Ida Östensson qui se bat depuis 2013 pour faire évoluer la loi. “Les auteurs ne pourront plus s'en sortir avec des excuses du style : "je pensais qu'elle était réveillée ““, poursuit la jeune femme. 
En France, comme dans la plupart des pays européens, pour qu'un viol soit reconnu, il faut prouver que l’acte a été commis "par violence, contrainte, menace ou surprise". 
Des études montrent d’ailleurs que dans 7 viols sur 10, les victimes sont paralysées par la peur. Sidérées, elles ne peuvent pas résister. “La loi ne peut pas retenir uniquement la violence, parce que ça ne correspond pas à la réalité“, explique Ida Östensson. 

 

Une loi critiquée par l’ordre des avocats 

La loi adoptée est en revanche très critiquée par l'ordre des avocats suédois qui la jugent difficilement applicable dans la pratique. “Ils ont dit la même chose à propos de la loi contre les violences sur les enfants, qu'elle n'aurait pas d'effets“, regrette la fondatrice de Make Equal. “C’est pareil pour le sexe et le consentement. Ce n'est plus seulement: "non c'est non". C'est "quand ce n'est pas oui c'est non““, ajoute Ida Östensson. 
Ida Östensson espère que d'autres pays suivront l'exemple. “98 % des plaintes déposées pour les crimes sexuels sont déposées contre des hommes et des garçons. Il faut donc que plus de chercheurs travaillent avec eux“, estime Ida Östensson.