Des mots différents pour évoquer le deuil des autres et le nôtre

Des mots différents pour évoquer le deuil des autres et le nôtre.
Des mots différents pour évoquer le deuil des autres et le nôtre. - © patrickheagney - Getty Images

Comment parler de la mort et du deuil avec notre entourage ? Une équipe de chercheurs australiens a analysé le vocabulaire employé par un millier d'adultes lorsqu'il s'agit d'aborder ces questions.

Une récente étude consacrée au sujet parue dans la prestigieuse revue Plos One apporte quelques éléments de réponse. Des chercheurs ont interrogé 1.491 personnes dans le cadre d'un cours en ligne de six semaines dispensé par l'université Flinders, en Australie.

Au moment de l'inscription, les participants au MOOC ont répondu à une courte série de questions concernant leur attitude générale face à la mort. L'idée était d'analyser le choix des mots des participants pour exprimer leurs sentiments et leurs idées sur ce sujet précis, puis de comparer ces réponses avec elles obtenues après les six semaines de formation.

Le choix des mots en dit long sur notre rapport à la mort

Dans cette étude, l'expérience de la mort décrite par les participants souligne une nette différence du vocabulaire employé pour exprimer leurs propres sentiments et ceux des autres.

Les termes "triste", "peur", "effrayant" ou "perte" leur venaient par exemple plus naturellement lorsqu'il s'agissait de parler du deuil concernant une tierce personne.

Par contre, quand la question de la mort les concernait directement, les personnes utilisaient des termes moins négatifs sur le plan émotionnel : "inévitable", "paix" ou "naturel".

À la fin du programme, les participants étaient toutefois capables d'utiliser "des mots plus agréables, plus calmes et plus maîtrisés pour exprimer leurs sentiments", observent les chercheurs.

Libérer la parole sur les sujets les plus douloureux

"Ces informations pourraient avoir un impact sur notre volonté d'entamer des conversations sur la mort avec les autres", ajoute le Dr Miller-Lewis, co-auteur de la recherche. "Est-ce que nous l'évitons parce que nous pensons que les autres seront contrariés si nous en parlons ou est-ce que ce type de réaction contribue plutôt à entretenir des non-dits sur des questions aussi importantes ?", souligne le chercheur. 

Selon la professeure Jennifer Tieman qui a également participé à l'étude, d'autres recherches impliquant l'analyse des sentiments face à la mort et au deuil pourraient fournir des informations précieuses sur la façon dont les gens appréhendent d'autres situations en lien avec la santé, notamment les soins palliatifs, l'euthanasie et la pandémie de Covid-19.