Des enseignants inspirants font de nous des adultes plus heureux

Des enseignants inspirants font de nous des adultes plus heureux
Des enseignants inspirants font de nous des adultes plus heureux - © FatCamera - Getty Images

Avoir des enseignants stimulants pendant notre jeunesse est déterminant pour notre bonheur à l’âge adulte. Les personnes qui ont été inspirées par leurs professeurs voient leurs chances de se sentir plus heureuses, plus tard, augmenter de 68%.

C’est ce que révèlent les nouveaux résultats de l’Enquête nationale du Bonheur, réalisée par l’Université de Gand (UGent) et l’assureur-vie NN. Ceux-ci portent sur l’impact de l’enseignement et de l’éducation sur notre bonheur national brut. Environ 43% des Belges affirment avoir été inspirés par leurs professeurs dans leur jeunesse. Ces nouvelles données mettent en évidence le fait qu’avoir été victime de harcèlement a, à long terme, un impact significatif et négatif sur le bonheur. 34,2% disent avoir connu le harcèlement pendant leur scolarité. Le risque de se sentir malheureux adulte augmente de 77% chez les personnes qui ont été confrontées au harcèlement dans le passé. La qualité de nos relations pendant l’enfance et l’adolescence, ainsi qu’un environnement favorisant l’affection, la stabilité et la confiance, sont décisifs pour notre bonheur à un âge plus avancé.

Des enseignants inspirants

Les participants ont été interrogés pour déterminer dans quelle mesure ils estimaient avoir eu des professeurs stimulants dans leur jeunesse (pas du tout d’accord, pas d’accord, neutre, d’accord, tout à fait d’accord). Une petite moitié (42,9%) a répondu par l’affirmative (d’accord ou tout à fait d’accord), mais environ un quart des personnes interrogées (25, 3%) n’était pas ou pas du tout d’accord.

Ceux qui ont répondu positivement à cette question ont obtenu de meilleurs résultats en matière de satisfaction générale, et ce tenant compte du sexe, de l’âge ou de la région. Les chances qu’a ce groupe d’être heureux sont 68 % plus élevées (avec un score de 8 ou plus sur l’échelle de satisfaction).

"Il ressort de l’Enquête nationale du Bonheur que les enseignants, le système scolaire et la société ont un impact sur notre bonheur. Je pense donc qu’il est fondamental de soutenir les enseignants afin qu’ils puissent, à leur tour, inspirer du mieux possible les enfants", juge le professeur Lieven Annemans.

Le harcèlement : néfaste pour notre bonheur d’adulte

Le risque d’être malheureux à l’âge adulte augmente de 77% pour les personnes victimes de harcèlement pendant leur jeunesse (5 ou moins sur l’échelle de satisfaction), en tenant compte à nouveau de l’âge, du sexe ou de la région.

Les chercheurs ont établi que le lien entre le harcèlement dans la jeunesse et le niveau de satisfaction actuel était durable, même en prenant en considération les traits de caractère propres à la personne (par exemple, qu’elle soit ou non timide, paresseuse, critique, nerveuse, etc... ).

Le harcèlement est donc toujours néfaste, quelle que soit la personnalité de la victime.

Des relations de qualité dans la jeunesse

Pendant notre jeunesse, les contacts avec parents, frères et sœurs, autres membres de la famille, etc... peuvent être de qualité variable. Les chercheurs ont établi une échelle allant jusqu’à 100, dans laquelle un score de 100 signifie avoir de bons, voire de très bons, contacts avec toutes ces personnes, et 0 signifie avoir de mauvais, voire très mauvais, contacts.

29% des participants obtiennent un résultat de 100 sur 100 à cette question. Ces personnes ont 2,5 fois plus de chances d’être heureuses aujourd’hui (toujours en tenant compte de l’âge, du sexe et de la région). Les relations avec les amis prennent ici un rôle prépondérant.

Un environnement chaleureux et stable

Cette conclusion ressort également en étudiant l’effet sur le bonheur d’un environnement chaleureux, stable et dans lequel règne la confiance, durant la jeunesse. Plus de 50% des Belges obtiennent sur ce point le score maximal. Ceux-ci ont 3 fois plus de chances d’être heureux aujourd’hui.

Selon le professeur Annemans, "Nous ne réalisons peut-être pas encore assez que la manière dont nous éduquons nos enfants est déterminante pour leur bonheur futur. D’autres enquêtes ont démontré qu’une éducation basée sur des rapports affectueux, qui évite la colère et bien sûr toute violence, renforce les chances des enfants de devenir des personnes heureuses."

La combinaison idéale

Il va sans dire qu’il y a des chevauchements entre les différentes expériences positives de notre jeunesse. Les personnes qui avaient davantage de bonnes relations avec leur entourage ont connu aussi plus souvent une jeunesse chaleureuse et stable. Pourtant les facteurs cités ci-dessus ont des effets indépendamment les uns des autres, et cumulatifs.

Par exemple : une personne qui a grandi dans un milieu sûr et chaleureux, qui a eu de bonnes relations avec tout son entourage, ainsi que des professeurs inspirants, sans être harcelée, obtient un score d’1,91 points plus élevé sur l’échelle de la satisfaction de la vie que son opposé, qui n’a pas connu un tel environnement, qui avait en outre de mauvaises relations, pas d’enseignant inspirant et qui a été harcelé.

La première personne a aujourd’hui 5 fois plus de chances d’être heureuse.