Covid, Corona et Lockdown : des prénoms désormais en vogue en Asie

Des parents indiens qui se sont retrouvés bloqués à des milliers de kilomètres de leur domicile ont choisi d'appeler leur fils "Lockdown", confinement en anglais.
Des parents indiens qui se sont retrouvés bloqués à des milliers de kilomètres de leur domicile ont choisi d'appeler leur fils "Lockdown", confinement en anglais. - © Abhisek SAHA / AFP

Au départ, il y a eu Corona Kumar, puis Covid Marie : au fil des jours, de plus en plus de parents ont donné à leur nouveau-né un prénom faisant allusion au coronavirus, visiblement indifférents aux conséquences à long terme de leur choix.

Quand Colline Tabesa a donné naissance le 13 avril à une petite fille à Bacolod, aux Philippines, elle a décidé, en accord avec le père, d'exprimer toute sa gratitude après cet accouchement sans histoire. "Ce Covid-19 a causé des souffrances considérables à travers la planète", souligne le papa, 23 ans, qui a souhaité que sa fille porte "un prénom qui nous rappelle que le Covid nous a épargnés". C'est pour cette raison que le nouveau-né est devenu Covid Marie.

Le triomphe de la vie, malgré la pandémie

Quelques semaines plus tôt, deux mamans du sud-est de l'Inde ont eu la même idée. Elle leur aurait été soufflée par un médecin de l'hôpital où leurs bébés ont vu le jour. Et les mamans ont accepté : l'un des bébé s'appelle Corona Kumar, l'autre Corona Kumari.

"Je leur ai dit que cela aiderait à sensibiliser (les gens) à la maladie et à faire disparaître les préjugés qui l'entourent", explique le médecin.

Une idée similaire a germé dans la tête d'un couple de travailleurs migrants du nord-est de l'Inde qui s'est retrouvé bloqué à des milliers de kilomètres de leur domicile, dans l'Etat du Rajasthan. Ils ont choisi d'appeler leur fils Lockdown, ce qui signifie en anglais "Confinement". "Nous l'avons appelé Lockdown en nous souvenant de tous les problèmes auxquels nous avons fait face durant cette période difficile", a raconté le père de famille.

Le papa de Covid Marie dit avoir fait l'objet de critiques via les réseaux sociaux pour son choix singulier, qu'il ne semble pas regretter. "Elle pourrait être victime d'intimidations, mais je vais juste apprendre à ma fille à être une bonne personne", a-t-il assuré.