Covid-19 : une étude américaine évalue les conséquences sur la santé mentale et les relations amoureuses

Covid-19 : une étude américaine évalue les conséquences sur la santé mentale et les relations amoureuses.
Covid-19 : une étude américaine évalue les conséquences sur la santé mentale et les relations amoureuses. - © dtephoto - Getty Images

Une enquête s'est penchée sur la manière dont les Américains réagissent dans ce contexte difficile de Covid-19. Plus précisément, l'enquête a analysé l'impact de la crise sanitaire sur le bien-être physique et émotionnel des participants, sur leur vie de couple ainsi sur les préjudices racistes subis par certains d'entre eux.

Une étude américaine réalisée par l'université de Chapman (Californie) met en évidence les effets de la pandémie de Covid-19 sur 4.149 adultes âgés en moyenne de 39 ans vivant aux États-Unis. L'étude utilise un ensemble de données nationales provenant des 50 États mais l'échantillon n'est pas représentatif au niveau national, précisent les auteurs de la publication.

Menée fin avril sur une semaine, l'enquête a révélé que la majorité des personnes sondées ont déclaré ressentir un stress supplémentaire (61%) et se sentir plus découragées qu'en temps normal (45%).

L'enquête suggère également que les personnes exerçant des professions commerciales telles que les employés de magasins alimentaires, les livreurs ou le personnel de restaurant ont ressenti encore plus de solitude, d'anxiété et d'autres émotions négatives. Toutefois, ces derniers ne se sont pas montrés significativement plus inquiets que les autres à l'idée de contracter le virus. 

Chez les couples confinés, une exacerbation des conflits préexistants

Côté relations de couples, la qualité de la vie romantique et sexuelle a été évaluée à partir des réponses de 2.702 participants à l'enquête, qui ont déclaré avoir une relation à long terme. Confinement oblige, 64% des couples ont déclaré passer plus de temps avec leur partenaire.

Environ un quart des participants ont déclaré avoir eu moins de disputes avec leur partenaire sur une semaine (24%) tandis qu'un quart ont déclaré avoir eu plus de disputes que d'habitude (25%).

"Pour certains couples, le point positif est qu'ils arrivent à se rapprocher de leur partenaire. Pour d'autres, le fait de rester ensemble à la maison permet à de petits facteurs de stress de s'accumuler et d'exploser, ce qui favorise ensuite les conflits sur les désaccords existants", analyse David Frederick.

L'anxiété a pesé sur la vie sexuelle

On aurait pu supposer que le confinement serait l'occasion idéale pour les couples de consacrer plus de temps à leur vie sexuelle. Pourtant, seuls 19% des participants à l'enquête ont déclaré avoir eu des rapports plus fréquents qu'à l'accoutumée.

"L'anxiété et le stress concernant la santé, les finances et une foule d'autres pensées qui consomment notre énergie peuvent rendre difficile de se 'sentir d'humeur'", suppute Amy Moors, professeure assistante en psychologie à l'université de Chapman, qui a participé à l'étude. 

Les Américains d'origine chinoise fortement confrontés au racisme

Les chercheurs ont également demandé aux Noirs américains et aux Américains d'origine asiatique s'ils avaient subi des attitudes de discrimination de la part d'autrui en lien avec leur origine ethnique, telles que des menaces physiques ou des insultes.

Environ un tiers (32%) des Américains d'origine asiatique déclarent avoir été victimes "d'au moins un cas de racisme" lié au Covid-19.

Chez les Américains d'origine chinoise, le nombre d'épisodes racistes passe à trois ou plus (25%). Quant aux Noirs américains, 26% signalent avoir été confrontés à "au moins" une agression raciste et "trois ou plus" pour 21% d'entre eux. 

"Nous avons besoin de messages clairs et cohérents pour faire comprendre que les pandémies virales ne proviennent pas de nos communautés ethno-culturelles minoritaires. Au contraire, ce sont elles les plus défavorisées et les plus exposées à la mortalité liée au Covid-19 à cause d'inégalités systémiques de longue date qui limitent injustement l'accès aux ressources de protection de la santé", regrette Jason Douglas, co-auteur de l'étude.