Ce que les philosophes disent de notre besoin de faire la fête !

Ce que les philosophes disent de notre besoin de faire la fête !
Ce que les philosophes disent de notre besoin de faire la fête ! - © LeoPatrizi - Getty Images

Loin de casser l’ambiance, les philosophes sont nombreux à avoir réfléchi à la fête, ce moment de liesse collective riche en débordements et autres imprévus. Souvent critiquée en ces temps de pandémie, elle est pourtant un fait anthropologique qui a suscité beaucoup de littérature en sciences humaines.

Même les philosophes se sont penchés sur le sujet et ils nous prouvent que faire la fête est beaucoup plus sérieux qu’on ne le croit !

Rousseau : la fête comme dissolution de soi dans le collectif

Le penseur de "l’homme naturel" corrompu par la société voyait dans la fête un retour aux origines, par l’ivresse et le langage des corps à travers la danse. Ce langage, muet et immédiat, emmènerait les êtres vers l’oubli des contraintes et des intérêts qui gouvernent habituellement les rapports humains, et donc l’oubli de leur propre être social. Il ne serait venu à personne l’idée de se prendre en selfie pendant ces fêtes rousseauistes.

Bakhtine : la fête comme subversion momentanée de l’ordre

Ce penseur russe était avant tout historien mais il a livré une réflexion passionnante sur la fête. Ce qui intéresse Bakhtine, c’est la fête populaire. A travers une analogie avec le carnaval, il montre comment la fête produit une suspension des hiérarchies sociales et un détournement temporaire de l’ordre social. Pour Bakthine, en faisant la fête, on s’affranchit, l’espace d’un moment, des conventions.

De Beauvoir et Sartre : la fête existentialiste

Le couple le plus connu de philosophes français faisait beaucoup la fête. Vraiment beaucoup. Et ce n’était pas en contradiction avec leur pensée philosophique de l’existentialisme, qui peut se résumer grossièrement par l’absence de sens de l’existence individuelle. Pour eux, faire la fête était au contraire étroitement lié à leur philosophie, avec leur idée de vivre pleinement tout ce que la vie a à offrir. La fête est vue comme un tourbillon permettant de libérer son imagination et sa créativité.

Foucault : la fête comme exultation d’un refoulé collectif

Pour le philosophe français Michel Foucault, la fête se manifeste comme la traduction spontanée de tout un inconscient collectif qui régit le cours de la vie sociale. Avec les excès, les transgressions qu’elle autorise (sexuelles, sociales…), elle fait surgir ce que la morale d’une époque et d’une société véhicule.