Binge Drinking: trop d'alcool pendant l'adolescence entraîne un risque accru d'anxiété à l'âge adulte

Binge Drinking: trop d'alcool pendant l'adolescence entraîne un risque accru d'anxiété à l'âge adulte
Binge Drinking: trop d'alcool pendant l'adolescence entraîne un risque accru d'anxiété à l'âge adulte - © jacoblund - Getty Images/iStockphoto

Des médecins ont découvert qu'une consommation massive et rapide d'alcool chez les adolescents augmente le risque de développer des troubles anxieux à l'âge adulte, en raison d'une modification anormale de l'activité des gènes du cerveau.

 

L'étude a été menée par des chercheurs de l'Université de l'Illinois (Chicago, Etats-Unis) sur des rats adolescents. Les résultats sont publiés dans la revue Biological Psychiatry.

Boire de l'alcool en grande quantité et dans un laps de temps réduit pour faire monter l'ivresse le plus rapidement possible: tel est le concept du binge drinking, phénomène venu d'Angleterre et désormais pratiqué dans de nombreux pays d'Europe.

Cette "mode" qui fait fureur chez les adolescents et les étudiants inquiète les professionnels de santé. Les risques associés au binge drinking ne doivent en effet pas être pris à la légère : arrêt cardiaque, coma éthylique, accidents de la route...

Au cours de ces dernières années, plusieurs études médicales ont affirmé que l'exposition précoce à l'alcool a des effets durables sur le cerveau et augmente le risque de problèmes psychologiques à l'âge adulte. Les nouveaux travaux de l'Université de l'Illinois confirment à nouveau cette théorie.

 

Modification d'une protéine dans le cerveau

Dans cette étude, les rats ont été soumis à un régime à base d'éthanol (alcool), conçu pour reproduire les effets du binge drinking chez les humains. Ces rats ont manifesté un comportement anxieux des années plus tard après l'arrêt du régime à l'éthanol.

Les scientifiques suggèrent qu'une exposition précoce à l'alcool modifie une protéine localisée dans l'amygdale (partie du cerveau qui régule les émotions) et entraîne une anxiété plus élevée. 

"Si l'amygdale a des déficits dans ses circuits neuronaux, et que ces modifications perdurent, la personne risque de souffrir de problèmes psychologiques fondés sur des difficultés à réguler ses émotions, comme l'anxiété ou la dépression et le développement de troubles liés à la consommation d'alcool", conclut le Dr Subhash Pandey, qui a dirigé l'étude.