Au Japon, des femmes se battent pour pouvoir porter leurs lunettes au travail

Au Japon, des femmes se battent pour pouvoir porter leurs lunettes au travail
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Au Japon, des femmes se battent pour pouvoir porter leurs lunettes au travail - © itakayuki - Getty Images/iStockphoto

Le Japon, un pays au sexisme bien installé semble-t-il.

On l’apprend dans Quartz, le nouveau combat des femmes japonaises est d’avoir le droit de porter leurs lunettes au travail. Vous visualisez une femme à la myopie plus qu’avancée qui doit servir un verre d’eau tout en fronçant les sourcils (et en renversant la moitié à côté) ? Ce n’est pas le début d’une blague (pas drôle) mais bien la réalité vécue par les employées de divers secteurs au Japon.

Les compagnies aériennes prétextent qu’il en va de la sécurité (ah bon ? Du coup les clients non plus ne peuvent plus porter leurs lunettes ?) et l’industrie cosmétique explique que cela empêche les clients de voir le maquillage porté par les vendeuses (parce qu’aucun de leur client ne porte de lunettes bien sûr). On continue dans les excuses bidon avec la grande distribution qui argumente que cela donne un air sévère, une impression de froideur (oui, vous avez bien lu) et on termine par la restauration qui trouve que les lunettes ne vont pas avec les kimonos.

Vous voulez le plus beau ? Tout cela n’est pas d’application pour les hommes ! Parce qu’il est bien connu que les hommes savent utiliser leurs lunettes en toute sécurité, qu’ils ne se maquillent pas (vous seriez surpris), qu’ils ont de toute façon l’air froid et sévère et puis qu’ils n’ont pas de style alors un peu plus un peu moins…

Un style vestimentaire très encadré depuis le début

Les petites japonaises apprennent dès le plus jeune âge qu’elles n’ont pas le droit de s’habiller comme elles le veulent. Les écolières ne peuvent se teindre les cheveux que s’ils ne sont pas assez noirs (et en noir bien entendu), la couleur de leurs sous-vêtements est dictée par certaines écoles et la longueur de leurs jupes également.

On se souvient du mouvement #KuToo (dérivé de #MeToo) au début de l’année 2019 pour se rebeller contre l’obligation de porter des hauts talons (kutsu en japonais). On se demande maintenant si les femmes japonaises vont devoir créer des mouvements pour réclamer chacun de leur droit de disposer de leur corps.