A l'hôpital, les patients sont encore fortement influencés par les stéréotypes de genre

A l'hôpital, les médecins sont encore fortement influencés par les stéréotypes de genre.
A l'hôpital, les médecins sont encore fortement influencés par les stéréotypes de genre. - © LightFieldStudios - Getty Images/iStockphoto

Une étude réalisée dans un hôpital américain montre que les patients ont encore tendance (inconsciemment ou non) à voir les hommes comme des médecins et les femmes comme des infirmières.

 

"Infirmière s'il vous plaît, je voudrais voir le médecin." Dans la sphère médicale, les stéréotypes de genre ont la vie dure. Celui qui consiste à considérer qu'un homme en blouse blanche est sûrement médecin et qu'il n'y a que des femmes infirmières est particulièrement tenace, si l'on se fie à cette étude menée par des médecins du centre médical universitaire de la Nouvelle-Orléans et publiée dans le Journal of Women's Health.

Une enquête réalisée dans un service d'urgences médicales en 2006 avait révélé que les hommes étaient plus souvent reconnus comme des médecins que les femmes. Les chercheuses et chercheurs qui ont dirigé cette nouvelle étude ont voulu déterminer si les mentalités avaient évolué en l'espace de 12 ans.

"Malgré le fait qu'environ 52% de tous les étudiants en médecine soient des femmes, les préjugés inconscients ou implicites sont si forts que même lorsque les femmes se présentent aux patients en tant que médecin, ces derniers n'arrivent pas à les voir comme telles", remarque Lisa Moreno-Walton, médecin qui a dirigé l'étude.

 

Des préjugés qui peuvent nuire au bien-être au travail

L'étude se base sur un échantillon de 150 patients soignés dans un service d'urgence universitaire et qui ont participé à un sondage anonyme visant à évaluer la qualité des soins administrés par les médecins.

L'enquête de satisfaction a révélé que les patients reconnaissaient les hommes comme des médecins dans près de 76% des situations, contre 58% pour les femmes médecins.

Le fait que les patients soient des hommes ou des femmes n'a pas fait de différence dans l'identification des fonctions du personnel médical, indique l'étude.

 

L'équipe de la Dre Moreno-Walton recommande de poursuivre les recherches afin d'identifier les conséquences des stéréotypes liés au genre, notamment sur l'observance du traitement par les patients, ainsi que sur le bien-être professionnel des personnes victimes de ces préjugés. 

"Les préjugés implicites ou explicites et les micro-agressions peuvent nuire considérablement au moral, à l'estime de soi et à la confiance des professionnels de la santé qui sont des femmes ou des minorités sous-représentées. Ce n'est pas anodin", souligne la Dre Moreno-Walton.