Zoom towns : ces villes moyennes plébiscitées par les télétravailleurs

Zoom towns : ces villes moyennes plébiscitées par les télétravailleurs.
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Zoom towns : ces villes moyennes plébiscitées par les télétravailleurs. - © Manuel Sulzer - Getty Images/Cultura RF

Un tiers des salariés américains travaillent totalement à distance et encore 25% de temps en temps, selon l'analyse d'un cabinet de statistiques aux Etats-Unis (Gallup).

Et pour beaucoup, c'est l'occasion de quitter les grandes métropoles pour s'installer dans des zones urbaines plus restreintes et surtout plus agréables à vivre : ce que l'on appelle désormais les "zoom towns".

 

Sortir des (trop) grandes métropoles pour vivre mieux

Jouir de plus d'espace, respirer l'air (un peu plus) pur, ne plus perdre de temps dans les transports en commun ou dans les bouchons. Au rêve d'un jour la crise sanitaire est venue confrontée une réalité que les télétravailleurs ont commencé à envisager, se rendant compte des restrictions de leur vie quotidienne, tant en terme de surface habitable limitée que d'emploi du temps contraint.

Aux États-Unis aussi, les salariés qui ont bénéficié du travail à distance ont fait ce constat, investissant des villes à la densité moyenne qu'ils n'envisageaient jusqu'ici que comme des destinations de vacances. Bienvenue dans les "zoom towns".

Récemment, le magazine "Forbes" a donné quelques exemples de ces nouvelles cités à la mode : Lewisburg dans le Tennessee, Kingston et The Hamptons à New York, Aspen dans le Colorado...

La proximité avec la nature, critère d'achat des nouveaux propriétaires

N'est pas "zoom towns" qui veut. Car non seulement ces communes sont souvent envisagées comme des lieux de repos mais, surtout, elles jouissent d'une proximité avec la nature, telles qu'un plan d'eau, une station de ski, un parc national... Montréal ne peut pas être carractérisée de zoom town mais elle a néanmoins tenté de verdir la ville pendant la pandémie, les habitants se rendant compte que la proximité avec la nature leur fait vraiment du bien tant au moral qu'à la santé.

Aux Etats-Unis, on estime qu'environ 2 millions de locataires dont le job permet de faire du télétravail pourraient se lancer à la recherche d'un achat immobilier.

Et ce ne serait pas nécessairement l'affaire des plus âgés. Les Millennials, ces générations nées entre le début des années 80 et le milieu des années 90, sont bel et bien concernés. Toujours d'après Zillow, ils représenteraient une grande partie des futurs potentiels acheteurs. Ils sont âgés en moyenne de 38 ans.

La flambée des prix de l'immobilier dans les zones semi-rurales

Cette migration de population vers de nouvelles villes n'est bien sûr pas sans effet sur les prix de l'immobilier. D'après des données publiées par Bloomberg, l'effet est de l'ordre de +25% en seulement une année dans les Hamptons, qui accueillaient les New-yorkais jusqu'ici surtout au moment des vacances scolaires.

Dans la Sierra Nevada, la région de Lake Tahoe présente même un boom de 50% des prix de l'immobilier sur ceux pratiqués au printemps dernier. De façon générale, les prix ont surtout augmenté dans les coins ruraux plus que dans les villes. Selon les chiffres du courtier américain Redfin, à fin août, les prix de l'immobilier aux États-Unis ont augmenté de 11,3% sur un an dans les campagnes, alors que la hausse se limite à +6,2% dans les zones urbaines, sinon à +9,2% dans les banlieues. 

En fait, la Covid-19 n'a fait qu'accélérer ce phénomène. D'après le "Journal of the American Planning Association", les "zoom towns" recevaient déjà la visite de plus en plus d'urbains fatigués du rythme de vie imposés par les grandes métropoles : leurs prix immobilier mirobolants, les bouchons, les problèmes dans les transports en commun...  Compte tenu de la situation actuelle, les prix des maisons dans les "zoom towns" pourraient continuer de gonfler au cours des 12 à 24 prochains mois...