Un film signé Maïwenn rappelle le risque cardiovasculaire chez les jeunes femmes

Maïwenn a réalisé "Préjugés" pour faire prendre conscience du risque cardiovasculaire chez les jeunes femmes.
Maïwenn a réalisé "Préjugés" pour faire prendre conscience du risque cardiovasculaire chez les jeunes femmes. - © ©iStock/baona

La réalisatrice Maiwenn met en images le message d'alerte de la Fédération Française de Cardiologie dans un film de 50 secondes "Préjugés". Les infarctus chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces 15 dernières années.


Dans ce court-métrage, la réalisatrice récompensée du Prix du jury pour "Polisse" au Festival de Canne en 2011, filme une jeune femme dansant avec un quinquagénaire corpulent et essoufflé, le profil type des malades du cœur. Contre toute attente, c'est la jeune femme qui s'évanouit.
 

Selon l'Institut de veille sanitaire, entre 2002 et 2008, le nombre de personnes hospitalisées pour un infarctus du myocarde a baissé dans toutes les classes d'âges chez les hommes (-8,2% de 45 à 54 ans). Sur la même période, il a progressé chez les femmes (+17,9% de 45 à 54 ans). Souvent avec une prise en charge plus tardive d'une heure que pour les hommes ce qui aggrave le diagnostic.

"Nous devons lutter contre un préjugé et informer les femmes que l'infarctus du myocarde n'est pas une maladie réservée aux hommes, explique le professeur Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération française de cardiologie. Les infarctus chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces 15 dernières années. Elles doivent prendre soin de leur cœur et de leurs artères, poursuit la spécialiste."

Parmi les facteurs mis en cause, le changement de mode de vie des femmes depuis 30 ans : tabac, mauvaise alimentation, stress, manque d'exercice physique. Plus de 60% des infarctus chez les femmes de moins de 60 ans sont attribués au tabac. Ce sur-risque est augmenté surtout après 35 ans par son association avec la pilule contraceptive combinant œstrogènes et progestatifs. Certains signes de l'infarctus sont méconnus par les femmes, ajoute le professeur Claire Mounier-Vehier. "La douleur dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire, typique chez les hommes, est absente chez elles dans environ 40% des cas. Elle peut être remplacée par d'autres signes comme des nausées, des palpitations à l'effort, un essoufflement, une douleur au milieu du dos, une fatigue inhabituelle... Ces signes sont trop souvent assimilés à une crise d'anxiété."

Les spécialistes du cœur préconisent une bonne hygiène de vie pour lutter contre la maladie cardiovasculaire. Elle passe par une alimentation saine, variée et équilibrée, zéro cigarette, une activité physique régulière, une gestion adaptée du stress. Trois périodes de la vie hormonale des femmes sont à surveiller : contraception, grossesse et ménopause.

 

RTBF TENDANCE avec AFP