Psychotropes : la Thaïlande retire le kratom de sa liste des drogues illicites

La Thaïlande a retiré de sa liste des drogues illicites le kratom, une plante psychotrope originaire d'Asie du Sud-Est longtemps utilisée dans la médecine traditionnelle.

Les Thaïlandais sont désormais "autorisés à consommer et à vendre du kratom", a indiqué le porte-parole du gouvernement Anucha Burapachaisri. Les charges à l'encontre des personnes poursuivies vont être levées et plus de mille détenus vont être libérés, a-t-il précisé.

La substance est largement consommée dans les campagnes

Les feuilles de kratom, dont le nom scientifique est Mitragyna speciosa, sont consommées depuis des siècles en Asie du Sud-Est pour leurs effets analgésiques et stimulants.

Le kratom était illégal en Thaïlande depuis 1943.

Sa légalisation va mettre fin à "la criminalisation abusive de cette drogue utilisée depuis longtemps dans les communautés rurales traditionnelles du pays", a déclaré Phil Robertson chez Human Rights Watch.

La France interdit depuis 2020 l'achat et la détention de kratom. L'Agence nationale de la sécurité des médicaments a mis en évidence des risques "de dépendance, de syndrome de sevrage, d'anorexie, de perte de poids, d'une décompensation psychotique et d'une hépatite toxique".

La substance est présente dans une trentaine de pays, d'après l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

Le pays est particulièrement répressif en matière de stupéfiants

Consommée en infusion ou en poudre, elle fait l'objet d'une consommation croissante aux Etats-Unis et au Canada, où ses promoteurs assurent qu'elles constituent un bon substitut aux opiacés et un remède à l'anxiété.

Deux ans avant la légalisation du kratom, la Thaïlande est devenue le premier pays d'Asie du Sud-Est à autoriser l'utilisation du cannabis à des fins médicales et de recherche.

La législation anti-drogue reste très sévère dans le royaume: posséder quelques grammes de méthamphétamine ou en faire le commerce peut conduire à de longues années de détention.

Les prisons du pays sont parmi les plus surpeuplées au monde, la majorité des détenus étant incarcérés dans des affaires de stupéfiants.