Pertes de mémoire : un symptôme méconnu de la ménopause

Parus dans le journal Menopause, les résultats de cette étude suggèrent que les déclins cognitifs peuvent se manifester dès la phase de périménopause (début de l'irrégularité des règles) et se poursuivre dans la période post-ménopause, c'est-à-dire après l'arrêt définitif des règles. Ce dysfonctionnement cognitif surviendrait donc indépendamment des autres symptômes connus de la ménopause tels que la dépression, l'anxiété et les bouffées de chaleur.

Pauvreté et problèmes médicaux altéreraient durablement les fonctions cognitives

Plusieurs recherches antérieures ont été menées spécifiquement sur les pertes de mémoire associées à la ménopause. Mais, notent les auteurs des travaux, bon nombre d'entre elles décrivent ces changements cognitifs lors de la périménopause (dont la durée moyenne est estimée à 4 ans), ce qui laisse supposer que ces troubles cognitifs pourraient se résoudre au cours de la période post-ménopause.

Or des femmes percevant de faibles revenus ou séropositives présenteraient des difficultés à mémoriser des choses du quotidien ou des troubles de l'apprentissage, y compris une fois la ménopause installée.  

D'après les chercheurs, cette durée du déclin cognitif prolongée pourrait s'expliquer par la situation socio-économique des participantes, ainsi que leur état de santé.

En effet, la littérature médicale confirme que des facteurs tels que le VIH, une situation économique précaire, un faible niveau d'éducation, des addictions, des niveaux élevés de stress ou encore l'accès limité à des soins de santé de qualité, peuvent favoriser le risque de dysfonctionnement cognitif. 

"Cette étude, qui a porté sur un échantillon racialement diversifié de femmes à faible revenu et de femmes séropositives, s'ajoute à la littérature existante sur les changements cognitifs au cours de la transition de la ménopause et a montré un déclin cognitif significatif de l'apprentissage et de la mémoire qui a persisté jusqu'à la postménopause. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et pour identifier les facteurs responsables des différences individuelles dans les changements cognitifs", estime la Dre Stéphanie Faubion, directrice médicale de la North American Menopause Society, qui a dirigé l'étude.