Les choix en matière de contraception changent en fonction des relations

La qualité et la dynamique au sein des couples pourrait prédire le type de contraceptifs utilisés.
La qualité et la dynamique au sein des couples pourrait prédire le type de contraceptifs utilisés. - © dima_sidelnikov - Getty Images/iStockphoto

De nouvelles recherches américaines montrent que le type de relations entretenues au sein de son couple peuvent jouer un rôle dans le choix du mode de contraception des jeunes adultes.

Des chercheurs de l'Université de l'Oregon ont analysé des données émanant d'une étude longitudinale menée grâce à 1.280 entretiens avec 470 jeunes adultes, suivant l'évolution de leurs relations au cours d'une année.

Les participants devaient préciser leur activité sexuelle, leurs nombres de partenaires, l'utilisation de contraceptifs et certains facteurs en lien avec la relation comme la durée des rapports sexuels, leur fréquence et l'exclusivité perçue envers un partenaire.

Les chercheurs ont aussi mesuré le degré d'engagement dans la relation, ainsi que le degré d'implication des participants quant aux moyens de contraception au sein du couple.

Il ressort qu'au cours de l'année d'étude, 41% des participants rapportaient n'utiliser que des préservatifs, près de 25% prenaient uniquement un contraceptif hormonal, et 13% disaient utiliser les deux méthodes. Le reste des sujets utilisait soit une méthode contraceptive moins efficace ou ne se protégeait pas du tout.

On note parmi les facteurs qui influençaient ces choix de contraception, le risque possible de grossesse et de MST. Cependant, le principal auteur de l'étude, S. Marie Harvey, a souligné que la qualité et la dynamique au sein des couples pouvaient aussi prédire le type de contraceptifs utilisés.

Par exemple, les participants qui rapportaient un plus grand rapport d'exclusivité et d'engagement envers leur partenaire étaient moins susceptibles d'utiliser des préservatifs au bénéfice de contraceptifs hormonaux ou d'aucune protection.

Les personnes qui rapportaient jouer un important rôle dans les prises de décisions sexuelles dans la relation étaient plus susceptibles d'utiliser des préservatifs, soit seuls, soit combinés à la pilule.

"Tout dépend de sa confiance en son partenaire et de son engagement envers la relation", explique le professeur Harvey. "Lorsque les relations deviennent plus sincères et engagées, les individus peuvent avoir tendance à moins vouloir se protéger des maladies sexuellement transmissibles (MST), l'utilisation du préservatif baissera."

Ces résultats pourraient avoir d'importantes répercussions car les jeunes adultes enregistrent un plus fort risque de contracter des MST, et les jeunes femmes affichent les taux les plus élevés de grossesses non-désirées.

L'autre auteur de cette étude, Lisa Oakley, a commenté que la compréhension des choix contraceptifs des jeunes adultes pourrait aider les professionnels de santé à mieux les conseiller. "Si c'est une relation stable et que le couple partage les décisions concernant la contraception, il est sûrement sage d'engager le partenaire dans ces discussions", a ajouté le professeur Harvey. "Mais si la relation n'est pas suivie, il est donc très important de dire au patient de se protéger des grossesses non-désirées et des MST".

Les conclusions sont parues en ligne dans The Journal of Sex Research.