Le somnambulisme : une transmission familiale

Une équipe de chercheurs canadiens, irlandais et russes se sont intéressés à deux phénomènes de parasomnie que sont le somnambulisme et les terreurs nocturnes.

Le somnambulisme est un trouble du sommeil de quelques minutes survenant dans la phase de sommeil lent et profond. Le sujet somnambule se lève, marche et parle tout en ayant les yeux ouverts, mais le visage inexpressif. Il peut effectuer différents gestes comme descendre un escalier ou éviter un meuble, mais aussi risquer de se blesser. Il s'agit d'une manifestation fréquente, en particulier chez l'enfant.

En Belgique, un enfant de 3 à 5 ans sur sept est sujet au somnambulisme. Les 6-12 ans seraient entre 15 et 40 % à être somnambules. C'est dire si ce phénomène est relativement fréquent chez les jeunes enfants. Même les nourrissons peuvent être concernés : puisqu'ils sont incapables de marcher, cela se manifestera par des pleurs et une agitation anormale durant la première partie de nuit. Les terreurs nocturnes surviennent plutôt en début de nuit. Différentes des cauchemars, elles se manifestent par des crises, des hurlements dans le sommeil et un état d'agitation important mais peu durable.

L'étude a cherché à évaluer la survenue du somnambulisme et des terreurs nocturnes durant l'enfance et exploré le lien possible entre la survenue de ces troubles du sommeil chez les plus jeunes et leurs parents durant l'enfance.

Les chercheurs ont étudié les données de 1940 enfants issus de la cohorte Quebec Longitudinal Study of Child Development âgés de un an et demi à 13 ans entre 1999 et 2011. Ils ont passé au crible leurs habitudes de sommeil et celles de leurs parents grâce aux réponses fournies par des questionnaires.

Leurs conclusions, publiées dans la revue JAMA Pediatrics du 5 mai, révèlent que la prévalence d'ensemble du somnambulisme chez ces enfants entre 1,5 et 13 ans était de 29,1% et de 56,2% pour les terreurs nocturnes. Le pic de prévalence est de un an et demi pour les terreurs nocturnes et de 10 ans pour le somnambulisme. Ils ont également noté qu'un tiers des enfants qui avait eu des accès de terreurs nocturnes développait plus tard dans l'enfance des épisodes nocturnes de somnambulisme.

Lorsque l'un des deux parents avait connu des épisodes de somnambulisme, le taux d'enfants somnambules atteignait 47,4% et ce chiffre passait à 61,5% si les deux parents l'avaient été, ont pu constater les chercheurs.

Ces résultats mettent en évidence le rôle important joué par l'influence génétique pour le somnambulisme, et, à un moindre degré, dans le cas des terreurs nocturnes.

 

RTBF TENDANCE avec AFP